lun 17 Août 2026

Le trafic des pétroliers ralentit fortement dans le détroit d’Ormuz sur fond d’escalade militaire

Le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz a connu un net ralentissement au cours des dernières 24 heures, conséquence directe de la reprise des tensions militaires entre les États-Unis et l’Iran. Les inquiétudes liées à la sécurité des navires commerciaux se renforcent dans cette voie maritime, essentielle au commerce mondial des hydrocarbures.

Selon les données de la plateforme de suivi maritime MarineTraffic, analysées par l’agence Anadolu, seuls deux pétroliers ont achevé la traversée du détroit durant les 24 heures précédant 06h25 GMT mardi. Il s’agit des navires de transport de pétrole et de produits chimiques Seafaith et Niki.

Les chiffres pourraient toutefois sous-estimer l’activité réelle. Certains navires choisissent en effet de désactiver leur système d’identification automatique (AIS) afin de masquer leur position lorsqu’ils évoluent dans des zones jugées à haut risque.

Dans le même temps, les transporteurs de gaz de pétrole liquéfié (GPL) Monarch et Danuta I se trouvaient à l’approche du détroit et semblaient prêts à effectuer leur traversée, sans toutefois l’avoir encore achevée.

Cette baisse du trafic traduit la prudence croissante des armateurs et des opérateurs maritimes face à la dégradation rapide de la situation sécuritaire dans le Golfe.

Selon plusieurs informations, les États-Unis ont mené de nouvelles frappes contre des installations côtières et des objectifs militaires iraniens. En représailles, l’Iran aurait ciblé deux pétroliers liés aux Émirats arabes unis, une attaque qui a coûté la vie à un membre d’équipage et fait plusieurs blessés.

Face à cette escalade, le Conseil de l’Organisation maritime internationale (OMI) a condamné les attaques visant des navires commerciaux civils dans le détroit d’Ormuz et ses environs. L’organisation a appelé l’ensemble des parties à la désescalade, rappelant que cette voie maritime devait demeurer ouverte, libre de toute entrave et garantir la liberté de navigation.

L’OMI a indiqué avoir recensé, jusqu’à lundi, 53 incidents maritimes confirmés dans la région, ayant entraîné la mort de 14 marins.

Le détroit d’Ormuz demeure un point de passage stratégique pour le marché mondial de l’énergie. En 2024, près de 20 millions de barils de pétrole par jour y ont transité, représentant environ 20 % de la consommation mondiale de liquides pétroliers. Toute perturbation prolongée de la circulation dans cette artère maritime est susceptible d’avoir des répercussions majeures sur les marchés énergétiques et les chaînes d’approvisionnement internationales.

TV-A avec aa.com

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