En moins de 48 heures, plus de 49 000 Marocains ont traversé la frontière pour se rendre sur le territoire espagnol. Dans ce contexte, où le royaume chérifien entretient des relations étroites avec Israël, certains observateurs s’interrogent sur les motivations de cette arrivée massive.
L’immigration clandestine a souvent été présentée comme un moyen de pression diplomatique utilisé par certains pays du Maghreb dans leurs relations avec les États européens. À plusieurs reprises, le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a été accusé d’avoir utilisé cette stratégie lors de tensions entre la Libye et l’Italie. Le Maroc a lui aussi fait l’objet d’accusations similaires dans certains épisodes de ses relations avec l’Espagne.
Aujourd’hui, alors que le Maroc a renforcé ses relations avec Israël et que les rapports entre Israël et l’Espagne se sont tendus, certains avancent l’hypothèse que cette immigration massive pourrait avoir été facilitée ou instrumentalisée afin d’exercer une pression sur Madrid même si à ce stade, aucune preuve publique ne permet toutefois d’établir un tel lien.
Par ailleurs, certaines personnes affirment que le gouvernement marocain coopère ouvertement avec Israël, notamment sur les plans militaire et stratégique, et que cela pourrait avoir un lien avec la situation à Ceuta. Les deux pays participent à des exercices militaires conjoints, coordonnent certains aspects de leur coopération en matière de défense, et cette relation stratégique s’est renforcée ces dernières années. Après que l’Espagne a refusé l’escale de navires transportant des cargaisons militaires à destination d’Israël, des informations de presse ont indiqué que certains de ces navires auraient ensuite été accueillis dans des ports marocains.
Enfin, avec les perturbations du trafic maritime en mer Rouge dues aux attaques des Houthis contre des navires, le contrôle des principales voies d’accès à la Méditerranée, notamment le détroit de Gibraltar, revêt une importance stratégique accrue.
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