Téhéran – L’Iran a adressé une lettre officielle aux Nations unies accusant les États-Unis de violer le mémorandum d’entente d’Islamabad, conclu sous médiation pakistanaise pour mettre fin au conflit entre les deux pays. Dans ce courrier, les autorités iraniennes dénoncent également ce qu’elles qualifient de violations du droit international et de crimes de guerre.
Selon l’agence de presse officielle iranienne IRNA, le représentant permanent de l’Iran auprès des Nations unies, Amir Saeid Iravani, a adressé cette lettre au secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, ainsi qu’au président du Conseil de sécurité.
Dans sa correspondance, le diplomate affirme que « presque immédiatement après la signature du mémorandum, et jusqu’à ce jour, les États-Unis ont non seulement manqué à leurs engagements, mais ont également sapé de manière active et systématique les fondements mêmes de cet accord ».
Téhéran dénonce plusieurs violations
L’Iran reproche notamment à Washington d’avoir repris des frappes militaires sur son territoire, révoqué les licences autorisant les ventes de pétrole iranien, mis en place une route maritime parallèle dans le détroit d’Ormuz et poursuivi son soutien aux opérations militaires israéliennes au Liban.
Pour Téhéran, ces mesures constituent des violations directes du mémorandum d’entente et compromettent les efforts de désescalade.
« Ces actions délibérées, calculées et soutenues constituent une grave menace pour la paix et la sécurité internationales et démontrent une fois de plus le mépris total des États-Unis pour leurs obligations juridiques internationales », affirme Amir Saeid Iravani dans sa lettre.
Le représentant iranien indique également que son pays a officiellement signalé chacune de ces violations aux médiateurs ayant facilité les négociations, mais soutient que les États-Unis « ont continué à intensifier leurs actions illégales ».
Des accusations de crimes de guerre
Dans son courrier, l’ambassadeur iranien affirme que la guerre contre l’Iran, qu’il situe au 28 février, résulte d’« actes d’agression non provoqués » menés par les États-Unis et Israël en violation de la Charte des Nations unies. Il accuse également les deux pays d’avoir commis « de nombreux crimes de guerre et crimes contre l’humanité », des accusations qui n’ont pas été établies par une juridiction internationale.
L’Iran appelle ainsi le Conseil de sécurité à prendre des « mesures immédiates, efficaces et décisives » afin de contraindre Washington à mettre fin à ce qu’il qualifie d’« actes illégaux en cours » contre la République islamique.
Un climat de fortes tensions
Cette démarche intervient dans un contexte de vives tensions entre Washington et Téhéran autour du détroit d’Ormuz. Selon les autorités iraniennes, les deux pays ont récemment échangé des attaques malgré le mémorandum d’entente négocié sous médiation pakistanaise, qui avait pour objectif de mettre fin aux hostilités et d’ouvrir la voie à un accord de paix durable.
À ce stade, les autorités américaines n’ont pas réagi publiquement aux accusations formulées par Téhéran dans cette lettre adressée aux Nations unies.
TV-A avec aa.com






