L’armée rwandaise est confrontée à un problème de financement dans la lutte contre le terrorisme au Mozambique. Acculé par des sanctions portées par les États-Unis dans le cadre de l’instabilité dans l’est de la République démocratique du Congo, avec plusieurs officiers menacés de gel de leurs avoirs, le Rwanda a annoncé qu’il pourrait retirer ses contingents engagés dans la lutte contre les insurgés islamistes dans la province mozambicaine de Cabo Delgado si les bailleurs de fonds internationaux ne fournissent pas un financement suffisant pour la poursuite de cette mission anti-jihadiste.
Sur son compte X, Olivier Nduhungirehe, ministre des Affaires étrangères, avertit que : « Le Rwanda retirera ses troupes du Mozambique si un financement durable n’est pas garanti pour ses opérations antiterroristes à Cabo Delgado. »
Le diplomate poursuit en tirant la sonnette d’alarme sur la situation financière, affirmant que : « Nous n’avons pas dépensé des centaines de millions de dollars et nos soldats n’ont pas consenti le sacrifice ultime pour stabiliser cette région, permettre aux personnes déplacées de rentrer chez elles, aux enfants de retourner à l’école, aux entreprises de rouvrir et aux investissements colossaux dans le gaz naturel liquéfié (GNL) de reprendre, pour ensuite voir nos vaillants soldats constamment remis en question, diffamés, critiqués, blâmés ou sanctionnés par les pays mêmes qui profitent grandement de notre intervention au Mozambique. »
De son côté, la porte-parole du gouvernement rwandais, Yolande Makolo, a souligné dans une publication sur X que la durabilité du déploiement des forces rwandaises engagées dans la lutte contre le terrorisme au Mozambique dépend d’un « financement adéquat et prévisible ».
Elle a également indiqué que la Facilité européenne pour la paix a jusqu’à présent versé environ 20 millions d’euros (près de 23 millions de dollars) pour financer ce déploiement. Elle précise toutefois que le coût supporté par Kigali est au moins dix fois plus élevé, sans compter « le sacrifice ultime que représente la perte de vies de soldats ».
André De Roff, avec Agence Ecofin
