Un véritable séisme institutionnel a frappé le siège de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) à Madagascar. Huit des neuf membres du bureau permanent de l’institution ont officiellement présenté leur démission, provoquant une recomposition presque totale de l’organe chargé d’organiser et de superviser les élections dans le pays.
Les lettres de démission ont été déposées le 6 mars auprès de la Haute Cour constitutionnelle (HCC), à la suite d’une décision collective prise la veille. Dans une décision rendue publique, la juridiction d’Ambohidahy a validé la procédure et constaté officiellement la vacance de huit postes au sein de la commission.
La vague de départs touche la quasi-totalité de l’équipe dirigeante. Les trois vice-présidents, Andriamalazaray, Jeannot Guy Georges Razafindraibe et Randrianarivonantoanina Tina Ifanomezantsoa, figurent parmi les démissionnaires. Les deux rapporteurs, Fidimiafy Roger Marc et Ravalitera Jacques Michaël, ont également quitté leurs fonctions. À ces départs s’ajoutent ceux de trois conseillers : Dama Andrianarisedo Arsène, Andriamarotafikatohanambahoaka Ralaisoavamanjaka et Razafimamonjy Laza Rabary. Seul le président de la CENI, Thierry Rakotonarivo, demeure en poste.
Plusieurs sources évoquent un climat de défiance installé depuis plusieurs mois au sein et autour de la commission pour expliquer ces départs. La légitimité de certains membres, nommés ou élus sous l’administration précédente, a notamment été remise en cause à plusieurs reprises. Cette démission quasi collective apparaît ainsi, pour certains observateurs, comme une tentative d’apaiser les tensions qui entourent l’organisation des prochaines échéances électorales.
La CENI est en principe composée de neuf membres nommés pour un mandat unique de six ans, issus de différentes institutions : la présidence de la République, l’Assemblée nationale, le Sénat, la Cour suprême, la Haute Cour constitutionnelle, l’Ordre des avocats, l’Ordre des journalistes ainsi que deux représentants de la société civile.