lun 17 Août 2026

Madagascar: la hausse des taxes sur le riz importé pour soutenir la production locale

Antananarivo – Le gouvernement malgache a décidé de renforcer la protection de la filière rizicole nationale en augmentant la fiscalité sur le riz importé. Cette mesure, inscrite dans la Loi de finances rectificative et le Plan de relance économique, vise à encourager la consommation du riz produit localement, à soutenir les agriculteurs et à accélérer la marche vers l’autosuffisance alimentaire.

Désormais, le riz importé est soumis à un droit de douane de 20 % ainsi qu’à une taxe sur la valeur ajoutée (TVA) de 5 %. Jusqu’à présent, ce produit bénéficiait d’une fiscalité plus avantageuse, ce qui le rendait particulièrement compétitif sur le marché malgache relate Express malgache.

Pour les autorités, cette réforme répond à un choix stratégique. Il s’agit de réduire progressivement la dépendance du pays aux importations tout en favorisant le développement de la production nationale. « Le chemin vers la souveraineté économique et l’autosuffisance alimentaire est clair : soutenir nos producteurs, accroître notre productivité grâce aux mesures ambitieuses adoptées à l’issue des Assises pour la relance économique », a déclaré le ministre de l’Économie et des Finances, le Dr Herinjatovo Aimé Ramiarison.

Selon les données de l’administration des Douanes, Madagascar importe en moyenne près de 800 000 tonnes de riz chaque année. Pour le gouvernement, cette situation pèse sur la balance commerciale et limite les débouchés des producteurs locaux.

Les autorités estiment que la nouvelle taxation ne constitue pas uniquement une mesure budgétaire. Elle est également présentée comme un levier de relance économique et un signal de confiance envers le monde rural. L’objectif est de permettre au riz produit à Madagascar de regagner des parts de marché dans les commerces et les ménages.

En parallèle, plusieurs mesures d’accompagnement ont été annoncées afin de renforcer la compétitivité du secteur agricole. Les herbicides et les fongicides bénéficient désormais d’une détaxation, tandis que les fertilisants et les équipements agricoles profitent d’allègements fiscaux. Le gouvernement poursuit également la construction et la réhabilitation des barrages, l’amélioration des réseaux d’irrigation, la distribution de semences améliorées, l’accompagnement technique des producteurs ainsi que le développement des infrastructures routières destinées à faciliter l’acheminement des récoltes.

Les autorités mettent en avant une progression de la production nationale. Selon les chiffres officiels, celle-ci est passée de 4 684 469 tonnes de paddy en 2025 à une estimation de 5 172 000 tonnes en 2026.

À travers cette politique, le gouvernement encourage les consommateurs à privilégier le riz local, espérant ainsi soutenir les revenus des agriculteurs, réduire les importations et améliorer la balance commerciale. Reste à savoir si cette hausse de la fiscalité sur le riz importé permettra d’atteindre ces objectifs sans entraîner une augmentation significative des prix pour les ménages, dans un contexte où le riz demeure l’aliment de base de la majorité de la population.

TV-A

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