Antananarivo – Face à la succession de drames meurtriers qui secouent Madagascar, les chefs de file du Conseil œcuménique des Églises chrétiennes de Madagascar (FFKM) sont sortis de leur réserve. Dans une déclaration solennelle, ils appellent les autorités et l’ensemble de la population à privilégier la transparence, la retenue et l’ouverture d’un dialogue national afin de préserver la paix sociale.
Le climat socio-politique dans la Grande Île traverse une période de vives tensions. Les pertes en vies humaines, les décès tragiques et les disparitions jugées suspectes qui se multiplient ces dernières semaines ont profondément ébranlé l’opinion publique et alimenté un sentiment d’inquiétude au sein de la population.
Face à cette situation préoccupante, les quatre chefs d’Églises réunis au sein du FFKM ont choisi de prendre publiquement la parole. À travers un message empreint de gravité, ils disent vouloir soutenir spirituellement les fidèles, prier pour la nation et adresser un appel à l’ensemble des Malgaches.
Un appel au calme et au discernement
Dans leur déclaration, les responsables religieux exhortent la population à faire preuve de sang-froid et de responsabilité. Ils mettent en garde contre toute forme de violence et les réactions susceptibles d’aggraver les tensions. «Que personne ne se tourne vers la violence physique, la calomnie, la vengeance personnelle ou encore la propagation rapide d’informations non vérifiées », soulignent-ils.
Pour le FFKM, la sortie de crise ne pourra être obtenue ni par la confrontation ni par la division. Les dirigeants religieux estiment que seul un dialogue inclusif, fondé sur le respect mutuel et les valeurs du Fihavanana malagasy, est en mesure de restaurer la cohésion nationale.
Dans cette perspective, le Conseil œcuménique invite toutes les paroisses du pays à organiser des séances de prière spéciales en mémoire des victimes, en soutien aux familles endeuillées et pour l’avenir de Madagascar.
Vérité, justice et transparence
Au-delà de l’appel au recueillement, le FFKM rappelle également les principes qui, selon lui, doivent guider les autorités dans la gestion de cette crise. «L’Église ne peut se taire lorsque la sacralité de la vie, don précieux de Dieu, est bafouée », déclarent les quatre chefs d’Églises.
Ils insistent sur la nécessité de garantir la protection de la vie humaine, le respect de la dignité de chaque personne, la recherche de la vérité ainsi qu’une justice équitable, impartiale et transparente. Pour les responsables ecclésiastiques, ces principes constituent les fondements indispensables d’une paix durable.
Alors que la confiance entre les institutions et les citoyens apparaît fragilisée, le FFKM estime que seule une gouvernance fondée sur la vérité, la justice et le dialogue permettra de rétablir un climat d’apaisement et de renforcer l’unité nationale dans un contexte particulièrement éprouvant pour le pays.
TV-A avec midi madagasikara
