Face à une demande énergétique croissante et à la nécessité de sécuriser ses approvisionnements en carburant, Madagascar pourrait prochainement se tourner vers le Nigeria pour importer des produits pétroliers. Cette perspective a été annoncée par le président de la Refondation, le colonel Michaël Randrianirina, à son retour d’une visite officielle à Abuja, où il a été reçu par le président nigérian Bola Ahmed Tinubu.
Selon les déclarations du dirigeant malgache, les discussions engagées entre les deux pays ont déjà abouti à un accord de principe portant sur l’approvisionnement de Madagascar en produits pétroliers nigérians. La concrétisation de ce projet dépend désormais de la signature d’un partenariat commercial entre les parties concernées.
Cette initiative intervient dans un contexte marqué par les tensions persistantes sur les marchés internationaux de l’énergie, aggravées notamment par les conflits au Moyen-Orient. Pour Madagascar, dont l’économie demeure fortement dépendante des importations de carburants, la diversification des fournisseurs constitue un enjeu stratégique majeur.
Les produits pétroliers représentent près de 27 % de la valeur totale des importations malgaches. Selon les données du World Integrated Trade Solution (WITS) de la Banque mondiale, les principaux fournisseurs de carburant de la Grande Île en 2023 étaient Oman, les Émirats arabes unis, l’Afrique du Sud, le Qatar et l’Inde. Oman occupait alors une position largement dominante dans ce secteur.
Avec une consommation estimée à environ 19 500 barils par jour, soit plus de 7 millions de barils par an, Madagascar reste un marché de taille modeste à l’échelle mondiale. Néanmoins, la sécurisation de son approvisionnement énergétique demeure essentielle pour soutenir son développement économique.
Du côté nigérian, les capacités de production sont considérables. Premier producteur de pétrole du continent africain, le Nigeria a enregistré en 2025 une production moyenne comprise entre 1,6 et 1,64 million de barils par jour. Plus de 80 % de cette production est destinée à l’exportation.
Le pays bénéficie également de la montée en puissance de la raffinerie Dangote, située à Lagos. Mise en service en 2024, cette infrastructure est considérée comme la plus grande raffinerie monobloc au monde, avec une capacité de traitement de 650 000 barils par jour. Elle exporte désormais du diesel, du carburant aviation et de l’essence vers plusieurs pays africains, notamment le Ghana, le Cameroun, le Togo et la Tanzanie.
Réputé pour la qualité de son brut et l’importance de ses réserves, le Nigeria entend renforcer sa position comme acteur majeur du marché énergétique africain. Pour Madagascar, un accord avec Abuja pourrait offrir une alternative crédible aux fournisseurs traditionnels et contribuer à renforcer la sécurité énergétique du pays.
À ce stade, les autorités malgaches n’ont toutefois communiqué ni les volumes de carburant envisagés ni les modalités financières du futur partenariat. Les prochains mois devraient permettre d’en savoir davantage sur les contours de cette coopération énergétique qui pourrait marquer une nouvelle étape dans les relations économiques entre les deux nations africaines.
TV-A avec La Tribune
