lun 17 Août 2026

Madagascar : le patronat suspend le dialogue avec l’État, une rupture institutionnelle sur fond d’affaire CNaPS-SMGD

Le climat entre les pouvoirs publics et le secteur privé formel traverse une crise sans précédent. Le Groupement des entreprises de Madagascar (GEM) a annoncé la suspension immédiate de la participation de ses représentants à l’ensemble des mécanismes de concertation avec l’État, y compris le dialogue public-privé. Une décision exceptionnelle qui marque une rupture majeure dans les relations institutionnelles entre le patronat et les autorités.

Dans un communiqué publié le 24 juin, l’organisation patronale précise que cette mesure concerne notamment ses représentants siégeant au conseil d’administration de la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNaPS), mais également toutes les instances de gouvernance réunissant les représentants du secteur privé et de l’administration. Le GEM affirme maintenir cette position jusqu’au rétablissement des garanties d’un État de droit effectif et d’une égalité de traitement devant la justice.

L’affaire CNaPS-SMGD au cœur de la crise

À l’origine de cette décision se trouve l’affaire dite « CNaPS-SMGD », qui met en cause cinq administrateurs représentant le GEM au sein du conseil d’administration de la CNaPS. Le dossier porte sur un prêt de 11 milliards d’ariary accordé par la CNaPS à la Société municipale de gestion digitale (SMGD), dont une part importante n’aurait pas été remboursée, suscitant l’ouverture d’une enquête pour des soupçons d’irrégularités et de mauvaise gestion.

L’instruction judiciaire a déjà conduit à l’incarcération de l’ancien directeur général de la CNaPS ainsi qu’à la mise sous contrôle judiciaire de plusieurs responsables. Par ailleurs, l’ancien maire d’Antananarivo et ex-ministre de l’Aménagement du territoire, Naina Andriatsitohaina, considéré comme une personnalité centrale du dossier en raison de ses liens avec la SMGD, fait désormais l’objet d’un mandat d’arrêt après avoir été déclaré introuvable par la justice.

Dans son communiqué, le GEM réaffirme son attachement au principe d’une justice indépendante et rappelle que toute personne impliquée dans une affaire judiciaire doit répondre de ses actes. L’organisation dénonce toutefois ce qu’elle considère comme une rupture du principe d’égalité devant la loi, estimant que les poursuites ne viseraient que les administrateurs issus du secteur privé, tandis que les autres membres du conseil d’administration ne feraient pas l’objet de procédures similaires.

Le patronat indique avoir saisi les autorités dès le mois de mars 2026 afin d’obtenir un non-lieu dans un délai de trois mois. Selon le communiqué, cette requête serait restée sans réponse malgré plusieurs démarches entreprises auprès des autorités compétentes.

TV-A

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