L’affaire fait grand bruit à Bamako. Une délégation composée de membres de la coalition de rebelles touaregs,Front de Libération de l’Azawad (FLA), qui lutte pour l’indépendance de la région malienne de Kidal, et qui a une fois de plus fait jonction avec les terroristes du JNIM, aurait été reçue en Italie. Cette délégation serait notamment composée d’Alghabass Ag Intalla, de Bilal Ag Acherif et d’autres personnalités, ainsi que d’opposants aux autorités maliennes. Elle aurait été accueillie en Italie par des structures agissant au nom du gouvernement italien.
Une telle initiative soulève de sérieuses interrogations. Ces acteurs sont associés, directement ou indirectement, à des mouvements terroristes impliqués dans la crise sécuritaire qui frappe le Mali depuis plusieurs années. Cette situation pourrait donc être source de tensions diplomatique avec Bamako, qui lutte depuis 2012 contre des groupes armés cherchant à déstabiliser le pays.
Au Mali, certaines personnalités condamnent cette démarche unilatérale de l’Italie, estimant qu’elle ne fait que renforcer les soupçons de certains États membres de l’Union européenne qui, selon eux, financeraient des groupes armés afin de s’emparer des ressources du pays. Ils estiment ainsi que recevoir ce type de délégation sans l’accord, ni même l’information préalable de l’État malien constitue une démarche diplomatique particulièrement préoccupante.
Le Mali, en tant qu’État souverain engagé dans une lutte contre le terrorisme et les mouvements armés, est pleinement en droit d’exiger davantage de transparence, le respect de sa souveraineté et des clarifications sur la nature de ces contacts.
