Le Mali accuse son voisin de tenter de déstabiliser son pays en abritant des groupes terroristes qui, à chaque fois qu’ils commettent des exactions sur le territoire malien, se replient en Mauritanie pour échapper à la poursuite des Forces armées maliennes (FAMa).
À la suite des intrusions répétées de groupes terroristes et de l’armée malienne sur le territoire mauritanien, ce mardi, des individus armés se sont cachés dans des villages frontaliers, notamment dans les Hodhs et le Guidimakha.
D’après des habitants, les militaires maliens poursuivaient un individu présenté comme un fugitif. Ils auraient procédé à des fouilles dans plusieurs concessions avant de retrouver le suspect, caché dans les toilettes d’une habitation. Des commerçants affirment également que leurs boutiques ont été inspectées. Ces faits ceux sont déroulés dans les villages de Melga et du Guidimakha.
« Selon les témoignages recueillis, ces individus se seraient introduits dans une boutique située côté mauritanien pour demander de l’argent au commerçant. C’est à ce moment-là que le boutiquier, un certain Issa, leur aurait indiqué qu’ils se trouvaient en territoire mauritanien et non au Mali, précisant qu’il ne disposait pas de francs CFA. Ils se seraient ensuite retirés vers le Mali », a soutenu le député mauritanien Khally Diallo, qui demande à l’État d’apporter des éclaircissements sur cette situation.
Il faut savoir que 2 000 km de frontière séparent les deux pays. Pour d’autres témoins, ce sont les forces armées maliennes qui pourchassaient des individus ayant franchi la frontière pour se cacher dans ces villages. Cette course-poursuite les aurait conduites dans les localités susmentionnées afin de mettre la main sur les suspects.
Entre les deux États, la tension reste vive, car les éléments terroristes du JNIM ont fait de la Mauritanie leur base arrière, ce qui avait poussé les autorités maliennes à fermer la frontière, causant une détresse dans le secteur pastoral, dont les deux tiers des nomades entrent sur le territoire malien pour nourrir leurs bêtes.
Des villageois évoquent des échanges tendus et des menaces verbales. Certains rapportent que des soldats auraient manifesté leur surprise en découvrant l’ouguiya, la monnaie mauritanienne, laissant penser qu’ils ignoraient avoir franchi la frontière.
Toujours selon des sources locales, les militaires seraient passés à proximité de postes de sécurité mauritaniens sans qu’une intervention ne soit signalée.
À ce stade, aucune communication officielle n’a été publiée par les autorités mauritaniennes ou maliennes. L’incident suscite des interrogations sur la coordination sécuritaire dans cette zone frontalière sensible.






