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Mauritanie : des officiers supérieurs de la police démis de leurs fonctions pour des propos à caractère tribal

Le tribalisme constitue l’un des comportements les plus dangereux pour la stabilité d’un État. En Mauritanie, le régime du président Mohamed Ould Ghazouani n’a pas tardé à prendre des mesures conservatoires et répressives contre toute personne soupçonnée de tenir des discours de ce genre. C’est ainsi qu’au sein même des forces de défense et de sécurité, l’État a décidé de frapper fort en démettant de leurs fonctions plusieurs officiers supérieurs de la police, en guise d’avertissement à toute personne qui s’adonnerait à des pratiques ou à des propos à caractère tribal.

Lors du Conseil des ministres tenu ce mercredi, des responsables de la police ont été sanctionnés pour avoir présenté des condoléances à caractère tribal. Le Conseil a notamment décidé de relever de ses fonctions le directeur général adjoint de la Sûreté nationale, Fadhili Ould Enneji, à la suite de la présentation de condoléances de ce type par des responsables du secteur de la police à la famille de l’ancien maire de la commune d’Oued Naga, Ahmed Ould Moulaye. Ces actes ont été posés alors qu’ils portaient leur uniforme officiel.

Oued Naga est une commune du département du même nom, située dans la région du Trarza. Elle se trouve à environ 40 kilomètres à l’est de Nouakchott, sur la Route de l’Espoir, et constitue la localité la plus proche de la capitale.

Dans le même temps, le Conseil des ministres a nommé Fadhili Ould Enneji chargé de mission au ministère de l’Intérieur.

Cette décision intervient trois jours après le limogeage du directeur de la Caisse de la police en Mauritanie, le commissaire principal Aal Moulaye El Abbas, pour les mêmes motifs. Ce dernier était apparu, la semaine précédente, dans une vidéo présentant des condoléances à caractère tribal à la famille de l’ancien maire d’Oued Naga. La séquence, largement relayée sur les réseaux sociaux, montre le responsable sécuritaire en tenue officielle, prononçant un message de condoléances inspiré de la tradition hassaniya à l’occasion du décès d’un proche du défunt. Il y évoquait notamment les liens tribaux unissant sa famille à celle du disparu, ainsi que ses relations personnelles avec ce dernier.

Début novembre, le président Mohamed Ould Ghazouani avait réaffirmé sa fermeté face à toute forme de discours ou de pratiques à caractère tribal, raciste ou communautaire. Il avait rappelé que si la liberté d’expression est garantie à tous, l’unité nationale et la cohésion sociale demeurent une ligne rouge. Le chef de l’État a, à plusieurs reprises, notamment lors de ses discours à Ouadane et à Kaédi, mis en garde contre les dérives tribales et racistes.

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