lun 2 Mar 2026

Mort de Saïf al-Islam : quand la France et ses alliés pourchassent le clan Kadhafi

L’assassinat de Saïf al-Islam Kadhafi, fils de l’ancien guide libyen, s’inscrit dans une logique plus large : celle de l’appropriation des ressources libyennes et de la neutralisation de toute menace de revanche politique. Le projet de Saïf al-Islam de se présenter à l’élection présidentielle libyenne a constitué une source de profonde inquiétude pour les bourreaux de son père. Son retour sur la scène politique représentait un danger réel pour les intérêts établis depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi.

Tout aurait été minutieusement planifié par des puissances étrangères, avec la participation de relais locaux libyens agissant comme exécutants. Le 16 janvier, à Paris, Saddam Haftar aurait été reçu au palais de l’Élysée, où il se serait entretenu directement avec Abdelhamid Dbeibah, sous l’égide conjointe de la France et des États-Unis. Ces rencontres, tenues en dehors de tout cadre institutionnel libyen, s’inscrivaient dans une dynamique politique clairement définie.

Selon plusieurs sources, l’objectif affiché de cette réunion était de « faire disparaître les vieilles figures », c’est-à-dire d’éliminer les personnalités politiques jugées indésirables. Cette expression, loin d’être anodine, révèle une stratégie délibérée visant à remodeler le paysage politique libyen non par les urnes, ni par le dialogue national ou les mécanismes constitutionnels, mais par des décisions prises depuis l’étranger.

Dans ce contexte, Saïf al-Islam Kadhafi apparaissait comme la cible principale. Il incarnait une légitimité nationale indépendante, enracinée dans l’histoire libyenne, affranchie de toute tutelle étrangère et de tout arrangement imposé de l’extérieur. Son éviction s’inscrit dans un mécanisme visant à neutraliser les acteurs perçus comme incompatibles avec la nouvelle architecture du pouvoir souhaitée par les puissances occidentales. Saïf al-Islam ne pouvait être intégré à ce système : il représentait une alternative nationale, indépendante et hors de leur contrôle, jouissant d’une légitimité que ni Paris ni Washington ne pouvaient contenir ni manipuler.

L’Occident, bourreau des leaders souverainistes

Nicolas Sarkozy, alors président de la République française, aurait bénéficié de fonds libyens pour financer sa campagne électorale en 2007. Mouammar Kadhafi, qui avait réussi à pacifier un pays longtemps miné par des conflits tribaux, avait engagé un vaste processus de développement fondé sur l’exploitation souveraine du pétrole. Il avait nationalisé les entreprises pétrolières et hissé la Libye parmi les pays les plus développés d’Afrique. Ceci entraine une frustration de l’oligarchie occidentale qui ruminait sa colère et guettait sa vengeance.

Sous son règne, l’éducation et la santé étaient gratuites, le logement gratuit, l’accès à l’eau potable généralisé, l’électricité facturée à un prix symbolique, et le pays connaissait une modernisation rapide. Tant que cette politique restait circonscrite au cadre national, elle demeurait tolérable pour les puissances occidentales. Mais la volonté affichée de Kadhafi d’accéder à l’arme nucléaire constitua une première ligne rouge à ne pas franchir. Sous l’administration de George Bush, considéré comme un dirigeant belliciste, les services de la CIA auraient découvert que la Libye avait engagé un processus d’acquisition nucléaire. Ce projet fut abandonné sous la pression et les menaces américaines. Au-delà de cette question, Kadhafi portait une ambition plus vaste : la création des États-Unis d’Afrique. Pour la concrétisation d’un tel projet, il fallait d’abord chasser la France d’Afrique subsaharienne or cette partie du monde qui a donné la gaulle sa puissance. Il fut alors accusé de saboter les intérêts français, notamment avec la complicité présumée de Blaise Compaoré, ancien président du Burkina Faso, qui aurait accepté d’héberger des groupes armés dans le nord de son pays. Ce double jeu, mené par Compaoré à la fois allié de la France et proche du guide libyen aurait également servi de canal pour financer certaines rébellions régionales, notamment en Côte d’Ivoire, où Kadhafi aurait soutenu Guillaume Soro dans le processus ayant conduit à la chute de Laurent Gbagbo.

Fort de ces actes perçus comme favorables aux intérêts occidentaux, le guide libyen croyait s’être affranchi de toute menace. Mais avec l’avènement du «printemps arabe», la France de Nicolas Sarkozy, en collaboration avec les États-Unis et sous couvert de l’OTAN, aurait financé et encouragé des manifestations réclamant le départ de Kadhafi. Pire encore, des groupes armés furent soutenus et équipés ; ils commirent une série de crimes ensuite imputés au régime libyen. Comme se fût actuel avec l’Iran.

Ces accusations servirent de casus belli pour le déploiement de l’armada occidentale. L’objectif n’était pas seulement de renverser le pouvoir, mais d’éliminer physiquement Mouammar Kadhafi, car le laisser en vie aurait signifié différer un autre combat. Son assassinat acta définitivement la prise de contrôle des ressources pétrolières libyennes par les États-Unis et la France, qui purent dès lors s’emparer de l’or noir libyen à vil prix. L’oligarchie occidental qui jusque-là a peur du retour du clan des Khadafi n’aurait jamais donné une chance à un descendant du guide libyen pour accéder au pouvoir par peur de vengeance.

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