Les tensions entre les États-Unis et l’Iran ont franchi un nouveau palier jeudi soir, à l’occasion d’une sixième nuit consécutive d’opérations militaires américaines sur le territoire iranien. Les autorités iraniennes accusent Washington d’avoir frappé plusieurs infrastructures civiles, notamment des ponts et des zones urbaines situées dans le sud et le sud-est du pays.
Selon la chaîne publique iranienne IRIB, les forces américaines ont mené des frappes contre cinq ponts ainsi que plusieurs secteurs des provinces méridionales. À Bandar Abbas, principal port du sud de l’Iran, une frappe aurait touché un quartier résidentiel, faisant un mort et huit blessés, toujours selon la télévision d’État.
IRIB rapporte également que deux ponts situés près de Bandar Khamir, dans la province d’Hormozgan, ont été touchés, provoquant la mort de sept personnes et faisant neuf blessés. La chaîne fait état de quatre explosions le long de la côte sud de l’île de Qeshm.
De son côté, l’agence de presse semi-officielle Tasnim affirme qu’une explosion a été entendue dans la ville de Sirik et indique que le pont reliant Bandar Abbas à Shiraz, près de Bandar Khamir, figure parmi les infrastructures visées. Cette attaque aurait entraîné des coupures d’électricité dans plusieurs secteurs de la région.
Les médias iraniens signalent également trois explosions à l’ouest de Bandar Abbas ainsi que deux autres dans la ville de Bushehr. L’agence Mehr a publié des images montrant les conséquences d’une frappe à Bandar Abbas, précisant que, selon des informations préliminaires, une tour de télécommunications pourrait avoir été touchée, sans confirmation officielle.
Mehr fait également état d’une explosion survenue à proximité de l’aéroport d’Iranshahr, dans le sud-est du pays. Par ailleurs, le vice-gouverneur de la province du Khuzestan chargé des questions de sécurité a indiqué que plusieurs zones situées autour de la ville d’Ahvaz avaient également été visées par des frappes américaines.
Selon l’agence Fars, cinq ponts au total auraient été touchés lors de cette vague de frappes, parmi lesquels les ponts de Gariveh et de Kahurestan, décrits comme des infrastructures importantes pour la logistique intérieure et la mobilité militaire iranienne.
En réaction, le service des relations publiques de l’armée iranienne a annoncé avoir mené des frappes contre des déploiements de forces et des centres de soutien logistique de l’armée américaine au Koweït.
Dans un communiqué distinct publié vendredi matin, l’armée iranienne affirme également avoir lancé une attaque surprise contre un centre de commandement des opérations spéciales américaines situé à Al-Tanf, en Syrie. Téhéran affirme qu’un système radar et plusieurs hélicoptères auraient été détruits et qu’un nombre important de soldats américains auraient été tués. Ces affirmations n’ont pas été confirmées de manière indépendante.
De son côté, le Commandement central américain (CENTCOM) a confirmé avoir conduit une nouvelle vague de frappes offensives contre des cibles qu’il présente comme militaires en Iran, marquant la sixième nuit consécutive d’opérations.
La situation régionale demeure particulièrement tendue. Selon les autorités concernées, les tensions se sont fortement aggravées ces derniers mois à la suite de l’offensive menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, à laquelle Téhéran a répondu par des tirs de missiles et de drones visant des pays du Golfe accueillant des installations militaires américaines.
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