Les relations entre le Niger et la Turquie connaissent une dynamique sans précédent depuis l’arrivée des militaires au pouvoir à Niamey. Réputée pour son expertise dans le domaine de la sécurité et forte d’une économie en pleine expansion, Ankara renforce progressivement sa présence en Afrique, notamment à travers le déploiement de ses entreprises et le développement de nouveaux partenariats stratégiques.
Dans ce contexte, les accords de coopération entre le Niger et la Turquie se sont multipliés ces dernières années, aussi bien dans les secteurs économique que sécuritaire. Après la rupture de la coopération entre le Niger et l’entreprise française Orano, Ankara a manifesté un intérêt croissant pour le secteur minier nigérien, en particulier pour l’exploration et l’exploitation de l’uranium.
La coopération militaire figure également parmi les axes majeurs du rapprochement entre les deux pays. En juillet 2025, un accord de coopération militaire a été conclu afin de soutenir le renforcement des capacités de défense du Niger, confronté à des défis sécuritaires persistants.
Pour les autorités nigériennes, ce partenariat représente une opportunité de diversifier leurs alliances économiques et stratégiques. Niamey espère notamment attirer davantage d’investissements turcs dans les secteurs des mines, de l’énergie, des infrastructures, de l’agriculture et de l’industrie. Selon Trst Magazine, cette coopération pourrait également s’étendre à la santé, à la formation universitaire et au développement des compétences.
Du côté turc, le Niger est considéré comme un partenaire clé au Sahel. Ankara cherche à consolider sa présence économique sur le continent africain, à sécuriser son accès aux ressources naturelles et à renforcer ses échanges commerciaux avec les pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Cette volonté commune de renforcer les liens bilatéraux s’est illustrée jeudi au Palais présidentiel d’Ankara, où le président de la République de Türkiye, Recep Tayyip Erdoğan, a reçu son homologue nigérien, le général d’armée Abdourahamane Tiani. Les deux dirigeants ont tenu des entretiens en tête-à-tête, suivis de séances de travail élargies aux délégations des deux pays.
À l’issue de ces échanges, plusieurs accords de coopération ont été signés avant que les deux chefs d’État ne s’adressent conjointement à la presse.
Dans sa déclaration, le président Erdoğan a mis en avant l’importance des relations entre Ankara et Niamey, rappelant que la politique africaine de la Türkiye repose sur « un partenariat égal, le respect mutuel et les principes gagnant-gagnant ». Il a précisé que les discussions avaient porté sur plusieurs domaines stratégiques, notamment la défense, la sécurité, l’énergie, les mines, le commerce, l’investissement, l’agriculture, la santé et l’éducation.
Le chef de l’État turc a également réaffirmé le soutien de son pays aux États confrontés aux menaces sécuritaires dans la région du Sahel. « Nous sommes aux côtés de nos pays amis et frères dans la lutte contre les organisations terroristes qui créent de l’instabilité, notamment dans la région du Sahel », a-t-il déclaré.
Pour sa part, le président Abdourahamane Tiani a qualifié cette visite de « symbole important » du niveau atteint par la coopération entre les deux nations. Il a salué l’appui apporté par la Türkiye dans plusieurs secteurs stratégiques, notamment la sécurité, la santé et l’éducation.
Cette visite officielle ouvre ainsi la voie à de nouveaux accords destinés à approfondir davantage les relations entre les deux États et à dynamiser les échanges commerciaux. Selon les données de l’International Trade Centre (ITC), relayées par Agence Ecofin, le volume des échanges entre le Niger et la Turquie a atteint près de 273 millions de dollars en 2025, témoignant de la montée en puissance d’un partenariat appelé à jouer un rôle croissant dans les ambitions économiques et géopolitiques des deux pays.
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