Les populations du bidonville de Makoko vont pouvoir souffler momentanément après la décision de l’Assemblée législative de Lagos d’ordonner l’arrêt immédiat des démolitions dans le quartier. Après avoir examiné les pétitions relatives à ces opérations, l’Assemblée a rencontré les dirigeants de Makoko ainsi que ceux des communautés voisines, rapporte l’AFP.
Le gouvernement de l’État de Lagos prévoit désormais d’investir environ 10 millions de dollars dans la rénovation du bidonville en mettant fin à l’anarchie et à la colonisation sauvage. L’État nigérian apportera une contribution de 2 millions de dollars, tandis que les partenaires internationaux, notamment les Nations unies, devraient fournir jusqu’à 8 millions de dollars pour un projet visant à moderniser le quartier.
L’opération de démolition menée à Makoko avait suscité une vive indignation parmi les habitants, qui dénonçaient des expulsions illégales ainsi que des destructions réalisées sans préavis ni solution de relogement. Des centaines de personnes s’étaient alors retrouvées sans abri.
Selon les résidents, les travaux de démolition auraient dépassé le périmètre initialement fixé : seules les structures situées à moins de 30 mètres du front de mer devaient être concernées. Or, les démolitions se seraient étendues bien au-delà de cette limite, atteignant 100 mètres, puis 250 mètres, et, dans certains cas, plus de 500 mètres.
Ces affirmations sont toutefois réfutées par les autorités, qui démentent également toute allégation de décès liés aux opérations de démolition.
