Le président Bola Tinubu a prolongé d’un an l’interdiction d’exporter des noix de karité brutes, désormais en vigueur jusqu’à fin février 2027. L’annonce, faite le 25 février par la présidence, prolonge une première restriction de six mois instaurée en août 2025. L’objectif est d’accélérer la transformation locale et de capter davantage de valeur ajoutée.
Le gouvernement entend stimuler la production de beurre de karité, dont la valeur est 10 à 20 fois supérieure à celle des noix brutes. Les exportations devront désormais transiter exclusivement par la Nigerian Commodities Exchange (NCX), les dérogations antérieures étant supprimées. Un guichet de soutien NESS sera également mobilisé afin de renforcer les capacités de production et de transformation.
Premier producteur mondial avec 350 000 à 500 000 tonnes par an, le Nigeria ne capte qu’environ 1 % d’un marché mondial estimé à 6,5 milliards de dollars. « C’est inacceptable », avait déclaré en 2025 le vice-président Kashim Shettima, qui vise 300 millions de dollars de revenus annuels à court terme.
Cette décision s’inscrit dans une dynamique régionale où plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest restreignent les exportations de noix brutes afin de favoriser l’industrialisation locale de la filière.
Après le Burkina Faso en septembre 2024, puis le Mali en octobre, la Côte d’Ivoire et le Togo ont à leur tour stoppé l’expédition d’amandes de karité, respectivement en janvier et en avril 2025. Le Ghana a adopté une approche plus graduelle, en annonçant en juillet 2025 un blocage progressif des exportations de matière première à l’horizon 2026, plutôt qu’un embargo immédiat.
