Calabar (Nigeria) – La Haute Cour de l’État de Cross River a condamné à mort par pendaison l’apôtre Ubong Bassey Etim pour le meurtre de Deborah Bassey, une adolescente de 16 ans vivant avec le syndrome de Down, qu’il accusait à tort de sorcellerie.
Le verdict, rendu par le juge Blessing Egwu de la Haute Cour n°11 de Calabar, a été salué par plusieurs organisations de défense des droits de l’enfant comme une décision historique dans la lutte contre les violences liées aux accusations de sorcellerie au Nigeria.
Après avoir reconnu le religieux coupable du meurtre de la jeune fille, le tribunal l’a condamné à la peine capitale par pendaison. Cette affaire, qui a suscité une vive émotion dans le pays et au sein des organisations internationales de protection de l’enfance, met en lumière les conséquences dramatiques des croyances superstitieuses visant particulièrement les enfants les plus vulnérables.
Dans une déclaration conjointe publiée mardi, Safe Child Africa, Advocacy for Alleged Witches (AFAW) et Basic Rights Counsel Initiative (BRCI) ont qualifié cette condamnation de «victoire majeure» contre les abus, les violences et les meurtres d’enfants accusés de sorcellerie.
Selon ces organisations, le jugement envoie un message sans équivoque : les actes de violence commis au nom de croyances liées à la sorcellerie constituent des infractions pénales passibles des sanctions les plus sévères prévues par la loi.
Les ONG estiment que le meurtre de Deborah illustre les dangers persistants de la stigmatisation liée aux accusations de sorcellerie, particulièrement envers les enfants vivant avec un handicap. Elles soulignent que cette affaire révèle comment des croyances profondément enracinées continuent d’alimenter l’exclusion, les mauvais traitements, la torture et parfois le meurtre d’enfants vulnérables dans certaines régions du Nigeria.
Les trois organisations ont rendu hommage au juge Blessing Egwu pour ce qu’elles décrivent comme un jugement courageux. Elles ont également félicité la police nigériane, le procureur général de l’État de Cross River, Etubom Ededem Ani, le directeur des poursuites pénales, Okoi Ukam, ainsi que les procureurs, enquêteurs, témoins experts et l’ensemble des acteurs ayant contribué à faire aboutir cette procédure judiciaire.
Les ONG ont également salué le soutien apporté à la famille de Deborah par plusieurs organisations partenaires tout au long du procès.
TV-A avec SaharaReporters
