Ouagadougou, 24 juin 2026 – Le gouvernement burkinabè a vivement réagi à la résolution adoptée le 18 juin 2026 par le Parlement européen sur la situation des libertés fondamentales et de l’espace civique au Burkina Faso. Dans une note adressée à la Délégation de l’Union européenne à Ouagadougou, le ministère des Affaires étrangères a exprimé sa « vive indignation » et sa « grande déception » face à ce texte, qu’il considère comme une atteinte à la souveraineté nationale.
La résolution européenne, intitulée « Persistance de la répression de l’espace civique et des libertés fondamentales au Burkina Faso », est qualifiée par les autorités burkinabè d’« ingérence inacceptable dans les affaires intérieures d’un État souverain ». Le gouvernement estime que cette initiative contrevient aux principes de la Charte des Nations unies, notamment ceux relatifs à l’égalité souveraine des États et à la non-ingérence dans leurs affaires internes.
Dans sa communication, Ouagadougou accuse certains parlementaires européens d’adopter une approche « paternaliste » des relations internationales, fondée davantage sur des considérations idéologiques que sur une analyse objective de la situation du pays. Les autorités burkinabè contestent également les données et évaluations utilisées pour justifier la résolution, les jugeant « erronées » et déconnectées des réalités du terrain.
Le gouvernement souligne que cette prise de position intervient alors que le Burkina Faso poursuit sa lutte contre le terrorisme, un combat décrit comme « existentiel » pour le peuple burkinabè. Selon les autorités, les efforts engagés depuis 2022 ont permis des avancées significatives dans la reconquête du territoire national ainsi que dans la consolidation de l’économie du pays.
Les responsables burkinabè dénoncent par ailleurs ce qu’ils considèrent comme une lecture partiale de la situation nationale. Ils reprochent au Parlement européen de porter des jugements sur les politiques internes d’un État dont il ne maîtriserait ni les réalités historiques, ni les contraintes sécuritaires, ni les défis spécifiques. Le gouvernement rappelle également que plusieurs pays européens continuent eux-mêmes de faire face à des défis liés aux droits humains, aux discriminations, à la radicalisation ou encore aux restrictions des libertés publiques.
Dans son argumentaire, Ouagadougou établit un lien entre la crise sécuritaire qui touche aujourd’hui le Burkina Faso et l’ensemble du Sahel et la déstabilisation de la Libye consécutive à l’intervention militaire de 2011. Les autorités estiment que cette intervention a contribué à la prolifération des groupes armés et à la détérioration durable de la situation sécuritaire dans la région.
Cette nouvelle passe d’armes diplomatique illustre les tensions persistantes entre le Burkina Faso et certaines institutions occidentales depuis les changements politiques intervenus dans le pays ces dernières années. Alors que les autorités burkinabè mettent en avant la défense de leur souveraineté et les résultats obtenus dans la lutte contre le terrorisme, plusieurs partenaires internationaux continuent d’exprimer leurs préoccupations concernant la gouvernance, les libertés publiques et le respect des droits fondamentaux.
La réaction officielle du gouvernement burkinabè marque ainsi une nouvelle étape dans le débat opposant Ouagadougou à ses critiques européens sur la conduite des affaires internes du pays et sur les conditions d’exercice des libertés publiques dans un contexte sécuritaire particulièrement complexe.
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