lun 2 Mar 2026

Ouganda: deux vice-présidents du parti du leader de l’opposition portés disparus

En Ouganda, après l’élection présidentielle très controversée qui a permis à Yoweri Museveni de rempiler pour un septième mandat, les arrestations et les disparitions forcées se poursuivent. Selon Robert Kyagulanyi Ssentamu, alias Bobi Wine, leader de l’opposition, les opérations d’enlèvement menées par Muhoozi Kainerugaba, fils du président Museveni et chef de l’armée, continuent. «Pendant ce temps, mes deux vice-présidents du parti pour l’ouest et le nord de l’Ouganda sont toujours portés disparus, après avoir été enlevés par des militaires les 14 et 15 janvier respectivement. Apparemment, le fils de Museveni a ordonné aux militaires de ne pas les produire devant un tribunal ni de les remettre à leurs familles jusqu’à nouvel ordre. Bien qu’ils aient été enlevés en présence de témoins et que les faits aient même été filmés, le régime a déposé des documents judiciaires niant savoir où ils se trouvent», a dénoncé Bobi Wine.

Le leader de l’opposition affirme que la situation est « extrêmement urgente », craignant que ces responsables ne subissent le même sort que 18 de ses partisans, victimes de disparitions forcées lors des dernières élections et toujours introuvables à ce jour. «Voilà l’état de l’Ouganda en 2026. Le monde ne doit pas rester spectateur face à la persistance de ces atrocités choquantes », a-t-il alerté.

Dans un post publié sur le réseau social X, Muhoozi Kainerugaba se serait par ailleurs dit insatisfait du nombre de civils tués par l’armée, affirmant en vouloir davantage, des propos qui ont suscité une vive indignation.

En mai 2025, Bobi Wine avait annoncé sa candidature à l’élection présidentielle de 2026. Quelques jours avant le scrutin, il a été assigné à résidence. Yoweri Museveni a finalement été réélu pour un septième mandat avec 71,65 % des suffrages exprimés, selon les résultats officiels, contre 24,72 % pour Bobi Wine, dans un climat «marqué par une répression et une intimidation généralisées», incluant notamment des arrestations et des enlèvements de dirigeants de l’opposition, de candidats, de militants, de journalistes et d’acteurs de la société civile. Bobi Wine a dénoncé de nombreuses fraudes électorales. Le 16 janvier 2026, au lendemain de l’élection présidentielle qu’il a perdue selon les résultats officiels, sa résidence aurait été la cible d’une attaque impliquant un hélicoptère, attribuée à l’armée et à la police ougandaises. Des informations contradictoires ont ensuite circulé sur ce raid : selon les premières sources, il aurait été enlevé, mais Bobi Wine avait finalement réussi à échapper à cette attaque.

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