Le parquet général français a requis, mardi 12 mai, la condamnation de l’ancien président français Nicolas Sarkozy pour l’ensemble des faits pour lesquels il comparaît en appel dans le procès du financement libyen, notamment la corruption et le financement illégal de campagne, des chefs d’accusation pour lesquels il avait été relaxé en première instance.
Lors de l’audience, l’avocat général Damien Brunet a affirmé qu’« il a bien existé un accord entre Nicolas Sarkozy et Mouammar Kadhafi aux termes duquel, en récompense des fonds versés par le régime libyen, Nicolas Sarkozy et Claude Guéant devaient entamer des démarches visant la levée du mandat d’arrêt contre Abdallah Senoussi ». Ce dernier, beau-frère de Mouammar Kadhafi, est recherché par la justice française.
Le parquet a également demandé que la cour déclare Nicolas Sarkozy coupable de financement illégal de sa campagne présidentielle de 2007, estimant qu’il avait fait de ses comptes de campagne « le réceptacle occultant de ses actions corruptrices avec le régime libyen ».
Lors du procès en première instance en 2025, le Parquet national financier (PNF) avait déjà requis la condamnation de Nicolas Sarkozy pour les quatre chefs d’accusation retenus contre lui devant la justice correctionnelle. Les procureurs avaient demandé une peine de sept ans de prison, jugée « dissuasive ». Après plusieurs mois de délibéré, l’ancien président avait toutefois été relaxé sur trois des quatre chefs d’accusation et reconnu coupable uniquement d’association de malfaiteurs.
Revenant sur les faits, Damien Brunet a évoqué une série de virements bancaires effectués en 2006 par le régime libyen pour un montant total d’environ six millions d’euros vers des comptes appartenant à l’intermédiaire Ziad Takieddine, proche de Nicolas Sarkozy. Selon l’accusation, ces versements ont suivi plusieurs rencontres organisées fin 2005 en Libye entre Claude Guéant, Brice Hortefeux et Abdallah Senoussi, en présence de Ziad Takieddine.
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