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RDC: interdiction de l’exportation des concentrés de cuivre et de cobalt pour stimuler la transformation locale

Kinshasa – La République démocratique du Congo (RDC) franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de valorisation de ses ressources minières. Le gouvernement a officiellement interdit l’exportation des concentrés de cuivre et de cobalt, une mesure destinée à encourager la transformation locale des matières premières et à accroître la valeur ajoutée des produits miniers avant leur commercialisation sur les marchés internationaux.

La décision est inscrite dans un arrêté interministériel signé par le vice-Premier ministre chargé de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, le ministre des Mines, Louis Kabamba Watum, et le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya. L’information a été rapportée par le média congolais Actualite.cd.

Cette réforme s’inscrit dans la volonté des autorités congolaises de réduire la dépendance du pays aux exportations de matières premières brutes et de favoriser le développement d’une industrie nationale de transformation. En encourageant le traitement local du cuivre et du cobalt, le gouvernement espère attirer davantage d’investissements dans les infrastructures industrielles, créer des emplois et augmenter les recettes issues du secteur minier.

Le texte prévoit toutefois une disposition dérogatoire. Dans des circonstances particulières, le ministre des Mines pourra autoriser, pour une durée maximale d’un an, certaines entreprises à exporter des produits miniers moins élaborés. Cette mesure vise à accompagner la transition vers le nouveau dispositif tout en tenant compte des contraintes industrielles de certains opérateurs.

L’arrêté introduit également une nouvelle taxation des « sous-produits miniers d’intérêt économique », qui regroupe des substances minérales rares et ultra-rares récupérées lors du raffinage des minerais principaux. Ces sous-produits seront désormais soumis à une taxe équivalente à 55 % de leur valeur commerciale brute, une disposition destinée à renforcer les recettes de l’État et à mieux encadrer l’exploitation de ces ressources stratégiques.

Premier producteur mondial de cobalt et l’un des principaux producteurs de cuivre, la RDC occupe une place centrale dans l’approvisionnement des industries mondiales, notamment celles des batteries électriques et des technologies de transition énergétique. La nouvelle réglementation pourrait ainsi avoir des répercussions sur les chaînes d’approvisionnement internationales, tout en renforçant l’ambition de Kinshasa de capter une plus grande part de la richesse générée par ses ressources naturelles.

Cette décision intervient dans un contexte où le secteur minier congolais fait l’objet d’une attention accrue sur la scène internationale. En juillet dernier, des chercheurs de l’Université du Wisconsin à Madison ont affirmé que l’exploitation des minerais de cobalt en RDC aurait entraîné la mise sur le marché mondial de quelque 2 000 à 5 000 tonnes d’uranium naturel qui auraient échappé au système de comptabilité de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Ces conclusions ont relancé les débats sur le contrôle des matières associées à l’exploitation minière et sur le renforcement des mécanismes de traçabilité.

Avec cette nouvelle réglementation, les autorités congolaises affichent leur volonté de transformer le modèle économique du secteur minier en privilégiant la création de valeur sur le territoire national. Reste à savoir si les capacités industrielles et les investissements nécessaires permettront d’accompagner efficacement cette transition vers une industrie minière davantage intégrée.

TV-A

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