lun 17 Août 2026

RDC: plus de 200 civils tués et des centaines blessés en 3 mois dans l’est du pays.

C’est une véritable hécatombe dans l’est de la République démocratique du Congo, où les rebelles du M23 et les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) s’affrontent. Ce conflit, alimenté par les rivalités autour des ressources naturelles et présenté sous le prisme des tensions ethniques, est également marqué par le soutien apporté par le Rwanda au M23, dont il tire profit.

Plus de 200 civils ont été tués et des centaines d’autres ont été blessés, enlevés ou contraints à l’exode entre avril et juin 2026 dans les territoires de Beni, Rutshuru, Masisi et Walikale, au Nord-Kivu. Tel est le bilan macabre dressé par le rapport de l’ONG locale Badilika, publié le lundi 13 juillet.

Le récent rapport de l’ONG Badilika dresse un bilan humanitaire effroyable et pointe la responsabilité écrasante des rebelles ADF, auteurs de près de 90 % des massacres documentés, commis pour l’essentiel dans le territoire de Beni.

L’organisation de défense des droits de l’homme met en cause l’ensemble des forces en présence, citant également la coalition AFC/M23 et les milices Wazalendo dans des vagues d’enlèvements, de disparitions forcées, d’arrestations arbitraires et de pillages de grande envergure.

Le territoire de Beni, épicentre des tueries

Sur le terrain, la violence s’est intensifiée de manière dramatique. Patrick Nguka, responsable de l’ONG Badilika, souligne l’échec des réponses militaires actuelles face à l’activisme des forces négatives :

« Dans le territoire de Beni, les attaques des ADF se sont intensifiées malgré les opérations militaires conjointes Shujaa ; il y a eu 199 civils qui ont été tués entre avril et juin. Nous avons également enregistré plusieurs cas de torture et remarqué la présence d’armes létales pour réprimer les manifestants ».

Une jeunesse prise au piège des bombardements à Masisi et Walikale

Le rapport documente un ciblage systématique de la population dans les autres zones de conflit. À Rutshuru, sous contrôle rebelle, de nombreux jeunes hommes sont arrêtés arbitrairement sous de fausses accusations de complicité avec les FDLR ou les Wazalendo.

Plus au sud, les affrontements autour de la cité minière de Rubaya, impliquant le M23, les FARDC et les groupes d’autodéfense, paralysent le quotidien des habitants et hypothèquent l’avenir des plus jeunes. Des élèves ont ainsi été privés de présenter leurs examens scolaires en raison des bombardements intensifs qui ont touché leurs localités. Face à ce chaos, l’ONG Badilika lance un appel pressant au respect absolu du droit international humanitaire et à la restauration urgente de l’État de droit.

TV-A avec Radio Okapi

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