La réintégration de l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko au sein de l’hémicycle n’est pas du goût de certains de ses nouveaux collègues de l’opposition. Ce lundi 1er juin, 14 députés de l’opposition ont saisi le Conseil constitutionnel d’une requête visant à faire annuler la décision du Bureau de l’Assemblée nationale du 24 mai 2026 portant réintégration d’Ousmane Sonko en qualité de député. Ils dénoncent une violation flagrante de la Constitution.
Dans un communiqué reçu, les parlementaires signataires informent avoir saisi la haute juridiction afin de faire déclarer cette décision contraire à la Constitution.
« Nommé Premier ministre puis élu député en 2024, Monsieur Sonko se trouvait, dès son élection, dans la situation d’incompatibilité prévue par l’article 54 de la Constitution. En choisissant de conserver ses fonctions gouvernementales, il avait renoncé à son mandat de député au regard de la Constitution et du règlement intérieur alors applicable. Sa réintégration, suivie de son élection à la présidence de l’Assemblée nationale le 26 mai 2026, constitue une violation flagrante et manifeste de la Constitution ainsi que du principe de séparation des pouvoirs », lit-on dans le document. Pour les députés signataires, « seul le Conseil constitutionnel, juge de la validité du mandat parlementaire et régulateur des institutions, peut empêcher qu’un acte d’une telle gravité échappe à tout contrôle ».
Ces députés de l’opposition ont également saisi, le 1er juin 2026, un huissier de justice, Maître Abou Sall, pour une sommation visant à obtenir les actes et documents nécessaires à leur recours, notamment l’acte de réintégration de M. Sonko et le procès-verbal de la séance plénière du 26 mai 2026.
« Ce refus de communiquer à des représentants de la Nation des documents, par nature publics, et ce malgré une demande par voie d’huissier, constitue une entrave grave aux droits des députés et à la transparence démocratique. Nous appelons respectueusement le Conseil constitutionnel à assumer pleinement son rôle en mettant fin à ce qu’ils qualifient de forfaiture qui sape le fonctionnement régulier de l’institution parlementaire », ont-ils dénoncé.
Avant d’ajouter : « Nous réaffirmons notre détermination à défendre, par les seules voies légales et pacifiques, la Constitution et la démocratie sénégalaise. Aucune majorité, si large soit-elle, n’est au-dessus de la loi fondamentale de la République. »
Ce document était signé par Daouda Dia, Aïssata Ousmane Diallo, Amadou Diallo, Mami Dou Daw, Salimata Diop Dieng, Mbaye Dione, Thérèse Faye, Barane Fofana, Cheikh Omar Hann, Birima Mangara, Abou Mbow, Fabineta Ndiaye, Anta Babacar Ngom, Thierno Alassane Sall, Maguette Sène, Abdoulaye Sylla et Tafsir Thioye.
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