N’Djamena, 27 juillet 2026 – Le gouvernement tchadien a officiellement notifié au Secrétaire général des Nations unies, dépositaire du Statut de Rome, sa décision souveraine de se retirer de la Cour pénale internationale (CPI), conformément aux dispositions de l’article 127 du traité fondateur de la juridiction.
Le retrait du Tchad de la Cour pénale internationale (CPI) ne serait pas une décision fortuite. Des allégations mettent en cause le président Mahamat Idriss Déby, dit « Kaka », dans le cadre d’une plainte liée aux violences commises à El-Fasher, au Soudan. Ces accusations concernent notamment le rôle présumé des Forces de soutien rapide (FSR), auxquelles est attribué le massacre de plus de 2 000 civils à El-Fasher. Le Tchad est également accusé par certains acteurs d’avoir servi de couloir de ravitaillement aux combattants des FSR dirigés par Mohamed Hamdan Dagalo, dit « Hemedti », qui auraient été équipés avec le soutien des Émirats arabes unis.
Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Tchadiens de l’étranger a annoncé qu’en date du 27 juillet 2026, le Gouvernement de la République du Tchad avait notifié au Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies sa décision de se retirer du Statut de Rome, le traité fondateur de la Cour pénale internationale.
Le communiqué souligne que, sur les 125 États parties au Statut de Rome, 33 sont africains et qu’une majorité des enquêtes ouvertes par la CPI concernent des pays du continent. Les autorités tchadiennes estiment que cette situation nourrit un sentiment d’inégalité dans le traitement des affaires soumises à la Cour.
Le retrait du Statut de Rome ne prend effet qu’un an après la notification adressée au Secrétaire général des Nations unies, conformément à l’article 127. En outre, ce retrait n’efface pas les obligations juridiques déjà nées pendant la période où l’État était partie au traité, ni les éventuelles procédures engagées avant son entrée en vigueur.
Cette décision relance le débat sur les relations entre les États africains et la Cour pénale internationale, plusieurs gouvernements dénonçant depuis plusieurs années ce qu’ils considèrent comme un déséquilibre dans l’action de la juridiction, tandis que ses défenseurs rappellent son rôle dans la lutte contre l’impunité pour les crimes les plus graves.
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