jeu 16 Avr 2026

Sénégal: Amnesty International et les victimes du régime du président Macky exigent le rejet de sa candidature à l’ONU et l’ouverture de poursuites judiciaires

Une marche pacifique a été organisée dans la capitale sénégalaise, Dakar, ainsi que dans la région sud, à Ziguinchor de samedi, pour réclamer l’ouverture de dossiers judiciaires concernant des crimes de torture et d’assassinat commis sous le régime de Macky Sall. Plus de 80 morts et plus de 2 000 prisonniers politiques constituent le triste bilan attribué à l’ancien président de la République du Sénégal, accusé d’avoir voulu s’accrocher au pouvoir à tout prix en éliminant ses adversaires politiques.

Cette marche, qui a mobilisé la société civile et des défenseurs des droits de l’homme, vise à exiger des poursuites judiciaires contre les tortionnaires et les assassins, mais aussi le rejet de la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général de l’ONU.

Lors de cette mobilisation, Seydou Gassama, militant sénégalais des droits humains et directeur exécutif de la section sénégalaise d’Amnesty International, a pointé du doigt l’ancien président. «Ce qui s’est passé sur une période aussi longue ne peut évidemment pas être écarté. C’est son régime : il aurait pu mettre fin à ces assassinats, à ces exécutions, à ces disparitions. Il aurait pu y mettre fin, mais il ne l’a pas fait. Il est donc responsable, et son régime l’est également. Il est aujourd’hui inacceptable qu’une organisation comme les Nations unies, qui a pour responsabilité de promouvoir et de protéger les droits humains, veuille porter à sa tête, au nom de ce régime, quelqu’un qui a justement commis de graves violations des droits humains », a-t-il déclaré.

Ce dernier met également en garde l’ONU : « Les Nations unies ne pourront pas dire, si Macky Sall était élu, qu’elles n’étaient pas au courant. Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, y compris la France car ce sont eux qui vont élire le secrétaire général ne pourront pas dire qu’ils ignorent le bilan désastreux de Macky Sall en matière de droits humains. Il s’agit de la France, du Royaume-Uni, des États-Unis, de la Russie et de la Chine», a-t-il insisté.

Reconnu pour son franc-parler, M. Gassama, qui a mené plusieurs combats conformément à la Charte des Nations unies pour la protection des droits de l’homme, et dans le respect des valeurs culturelles sénégalaises, estime que si l’Élysée et d’autres soutiennent cette candidature, ils porteront à ce poste un homme qui n’a aucune crédibilité pour promouvoir les droits humains, notamment auprès de nombreux dirigeants africains. «Nous demandons donc sereinement à la France et au Conseil de sécurité de reconsidérer cette candidature jusqu’à ce que les responsabilités soient clairement établies », a-t-il conclu.

Face à cette mobilisation, alors qu’une partie de l’opinion commence à accuser le régime en place de vouloir passer sous silence les événements tragiques survenus entre 20221 et 2024, y compris les cas de sous-officiers comme Didier Badji et Fulbert Sambou, qui n’ont pas échappé à ces atrocités, le régime de Diomaye semble, pour l’heure, faire la sourde oreille aux différents appels des victimes. Pour Abdoulaye Touré, l’une des personnes ayant été sauvagement torturées par des nervis proches du régime de Macky Sall ainsi que par des hommes en tenue, malgré la clarté de la loi, rien n’a encore évolué.

André TV-A

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