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Sénégal: Amnesty International s’oppose à la candidature de Macky Sall à l’Onu réclame justice pour les victimes des violences politiques sous règne.

L’organisation de défense des droits humains Amnesty International Sénégal, dirigée par Seydi Gassama, continue de réclamer que justice soit rendue concernant les violences survenues lors des manifestations politiques sous la présidence de Macky Sall. Ce dernier qui a été condamné à maintes reprise par la commission des droits de l’homme de l’ONU aspire aujourd’hui à succédé Antonio Gueteress au poste de secrétariat général.

Selon l’ONG, les affrontements entre 2021 et 2024 ont fait plus de 80 morts, des centaines de blessés et entraîné plus de 2 000 arrestations à caractère politique. Amnesty International estime que ces violations présumées des droits humains demeurent impunies, malgré des plaintes déposées auprès de la Cour pénale internationale (CPI) ainsi que devant la justice française.

Cette prise de position intervient alors que l’ancien président Macky Sall est évoqué parmi les personnalités susceptibles de briguer le poste de secrétaire général des Nations unies.

Dans une publication sur les réseaux sociaux, Seydi Gassama accuse l’ancien chef de l’État de chercher à justifier le bilan sécuritaire de son régime. Le responsable d’Amnesty International affirme notamment que des victimes, parmi lesquelles Cheikh Wade, tué aux Parcelles Assainies alors qu’il tenait un drapeau national, ainsi que plusieurs enfants et adolescents décédés lors des manifestations, ne peuvent être présentées comme des terroristes ou des menaces pour la sûreté de l’État.

Seydi Gassama rejette également l’argument selon lequel l’ancien président n’aurait pas été informé des violences commises par les forces de sécurité ou n’aurait pas été en mesure d’y mettre fin. Selon lui, les décès de dizaines de manifestants sur une période de trois ans appellent à des enquêtes indépendantes et à l’établissement des responsabilités.

Le défenseur des droits humains souligne par ailleurs ce qu’il considère comme une contradiction politique. Il rappelle que l’actuel président, Bassirou Diomaye Faye, avait été poursuivi sous le régime de Macky Sall pour « association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste », tout en affirmant aujourd’hui que ce dernier bénéficie du soutien de l’ancien président.

À ce jour, Macky Sall a toujours contesté les accusations mettant en cause sa responsabilité personnelle dans les violences survenues durant son mandat. Les procédures judiciaires engagées concernant ces événements suivent leur cours, tandis que les organisations de défense des droits humains continuent de réclamer que toute la lumière soit faite sur ces faits et que les responsabilités éventuelles soient établies par la justice.

TV-A

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