sam 18 Avr 2026

Sénégal « dette secrète »: quand les institutions de Bretton Woods mettent la pression sur le pays pour le contraindre à un plan de restructuration

Entre le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale et le Sénégal, ce n’est plus le grand amour. Depuis l’arrivée du président Diomaye Diakhar Faye, dont le bilan a permis la découverte d’une dette cachée estimée à 7 000 milliards de FCFA, les relations se sont fortement dégradées. Le FMI aurait tenté d’imposer au Sénégal un plan de restructuration. Ce plan consiste à supprimer ou à réduire drastiquement les subventions de certains produits de base, comme l’électricité et le carburant, afin de dégager des marges pour le remboursement de la dette. Il s’agissait d’une condition pour permettre au Sénégal de bénéficier d’un nouveau programme de relance économique.

Une condition catégoriquement rejetée par le Premier ministre Ousmane Sonko, qui estime qu’une telle mesure entraînerait une hausse vertigineuse des denrées alimentaires et un coût de la vie trop élevé pour les populations.

Par ailleurs, les enquêtes menées par l’Inspection générale d’État, puis par la Cour des comptes, ont mis en lumière des irrégularités dans la gestion passée. Certains économistes de renom à travers le monde ont également pointé du doigt la responsabilité du FMI, l’accusant de complaisance avec l’ancien régime de Macky Sall dans la conduite de politiques ayant fragilisé les finances publiques. En réponse, le gouvernement du Sénégal a lancé le Plan de redressement économique et social (PRES), qui lui a permis de mobiliser plus de 725 milliards de FCFA par an, notamment grâce à l’élargissement de l’assiette fiscale qui l’a permis de relancer son écomie.

Alors que la dette arrivait à échéance, le Sénégal a honoré un remboursement majeur le 13 mars 2026, en réglant environ 471 millions de dollars (soit entre 267 et 285 milliards de FCFA) à ses créanciers internationaux. Ce paiement, incluant le remboursement d’euro-obligations, a permis d’éviter un défaut immédiat, même si la pression financière reste élevée pour l’année 2026.

Quelques jours avant cette échéance, les États-Unis avaient envoyé un émissaire pour discuter de la situation financière du Sénégal, tandis que le FMI, qui refusait un nouveau programme au pays, semblait anticiper une possible faillite.

Mais après ce paiement, ce fut une grande surprise. Plusieurs observateurs se sont interrogés : comment le Sénégal a-t-il réussi à honorer sa dette alors que beaucoup pensaient le pays en difficulté ?

Dans ses colonnes, le journal Nikkei Financial Times, après enquête, affirme que le Sénégal aurait contracté discrètement des emprunts de plusieurs centaines de millions de dollars auprès d’institutions internationales sans les divulguer publiquement. En termes simples, le journal tente de retourner l’accusation de « dette cachée », précédemment attribuée à l’ancien régime de Macky Sall, contre les autorités actuelles.

Cependant, les faits semblent différents. Dans la Loi de finances initiale (LFI) 2026, à la page 31, l’Assemblée nationale autorise clairement l’exécutif à contracter une dette. Il y est stipulé «Pour l’année 2026, le ministre chargé des Finances est autorisé à contracter des emprunts, à recevoir des dons au nom de l’État du Sénégal et à lever des ressources de trésorerie pour un montant total de 6 266 693 000 000 FCFA. Ces financements pourront être mobilisés soit sur le marché national, soit sur le marché extérieur auprès de pays ou organismes étrangers ou internationaux, à des conditions fixées par décret ou par convention. » Ainsi, ces emprunts s’inscrivent dans un cadre légal bien défini.

André TV-A

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