Dakar – Le Bureau de l’Assemblée nationale du Sénégal enregistre deux nouvelles démissions. Les députés Cheikh Tioro Mbacké, vice-président de l’institution et coordonnateur du parti PASTEF dans le département de Mbacké (une ville situé à plus de 100 km de Dakar), ainsi que Ismaéla Diallo, premier vice-président de l’Assemblée nationale et coordonnateur du parti dans le département de Guinguinéo (une zone situé au centre du Sénégal), ont officiellement déposé leur démission de leurs fonctions au sein du Bureau de l’Assemblée nationale.
Les deux responsables politiques, réputés proches du Premier ministre Ousmane Sonko, conservent toutefois leur mandat de député. Leur départ ne concerne donc que leurs responsabilités au sein de l’organe dirigeant de l’Assemblée nationale.
Ces démissions interviennent quelques semaines après celle de El Hadj Malick Ndiaye de la présidence de l’Assemblée nationale. Cette vacance avait ouvert la voie au retour d’Ousmane Sonko à l’hémicycle, après qu’il a retrouvé son mandat parlementaire à la suite de son départ de la Primature, consécutif à son limogeage par le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye.
Outre Ousmane Sonko, d’autres personnalités ont également réintégré l’Assemblée nationale après avoir quitté le gouvernement. C’est notamment le cas de Amadou Ba, ancien ministre de la Culture, qui avait suspendu son mandat parlementaire durant son passage au gouvernement, ainsi que de Momar Talla Ndao.
Ces mouvements au sein de l’Assemblée nationale alimentent les spéculations sur les équilibres politiques internes à la majorité issue de PASTEF. Certains observateurs y voient les signes d’un repositionnement stratégique autour d’Ousmane Sonko, figure centrale du parti car ces demissions vont entrainer une nouvelle réorganisation du bureau de l’Assemblée Nationale qui pourrait favoriser l’entrée à nouveau de El Malick Ndiaye
Au sein de PASTEF, l’idéologie du mouvement met traditionnellement en avant la solidarité militante, la cohésion interne et le respect des engagements. Cependant, depuis l’élection de Bassirou Diomaye Faye à la magistrature suprême, des voix critiques estiment que le chef de l’État s’est progressivement éloigné de certaines orientations historiques du parti. Elles lui reprochent notamment une ouverture accrue à des personnalités associées à l’ancien régime, dans une logique de continuité institutionnelle jugée contraire à l’esprit de rupture porté par PASTEF lors de son accession au pouvoir.
Dans ce contexte, les prochaines évolutions au sein de l’Assemblée nationale et de la majorité présidentielle seront particulièrement suivies, alors que les relations entre les différentes composantes du pouvoir continuent d’alimenter le débat politique sénégalais.
TV-A






