Le climat politique continue de se tendre au Sénégal sur fond de rupture entre le Premier ministre Ousmane Sonko et le président Bassirou Diomaye Faye. Alors que les relations entre les deux anciens alliés se sont fortement dégradées après la création du nouveau parti de Bassirou Diomaye Faye, plusieurs développements judiciaires alimentent les tensions au sein de l’ex-majorité.
Comme l’avait annoncé Ousmane Sonko ce week-end, une enquête visant Jean-Michel Sène, directeur général de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER), a été ouverte par la Section de recherches de Dakar sur instruction du parquet financier, selon le quotidien Libération.
D’après le journal, des réquisitions ont été adressées à la Conservation foncière, à la Direction générale des impôts et des domaines (DGID), aux études notariales ainsi qu’aux établissements bancaires afin de recueillir des informations sur le patrimoine du directeur général de l’ASER. Ces investigations s’inscrivent dans le cadre du dossier AEE Power et concernent également d’autres personnes, notamment Seydou Kane et José Ángel González.
Cette procédure fait partie d’un dossier judiciaire plus vaste. En septembre 2024, l’administrateur de la société espagnole AEE Power EPC SA avait déposé une plainte avec constitution de partie civile contre l’administrateur d’AEE Power Sénégal et le Project Manager de l’entreprise pour tentative d’escroquerie, faux et usage de faux en écritures administratives ainsi que pour manœuvres frauduleuses. Le dossier a ensuite été transmis au procureur de la République financier, qui a saisi un juge d’instruction le 23 mars dernier.
Par ailleurs, Libération indique qu’une seconde enquête a été ouverte en janvier 2025 par la Division des investigations criminelles (DIC), à la suite d’une plainte déposée par l’Agent judiciaire de l’État (AJE). Cette procédure porte sur l’utilisation présumée d’une fausse quittance d’un montant de 918 339 800 FCFA lors de l’enregistrement du contrat liant AEE Power EPC à l’ASER.
Dans le même temps, trois militants proches du PASTEF ont été interpellés lundi par la Division spéciale de cybersécurité. Les personnes concernées, identifiées sous les noms de Ndiaye Touba, Laméniou Darou et Oustaz Tiéb, sont poursuivies pour des faits liés à des propos tenus à l’encontre du chef de l’État.
Selon les informations disponibles, les trois hommes avaient, lors d’une cérémonie religieuse, formulé des prières demandant que toute personne ayant « trahi » soit frappée par un accident vasculaire cérébral (AVC). Bien qu’aucun nom n’ait été explicitement cité, les autorités considèrent que ces déclarations visaient le président de la République et les ont placés sous le coup d’une procédure pour offense au chef de l’État.
Ces différentes affaires interviennent dans un contexte politique marqué par des dissensions au sommet de l’État. Si certains responsables du PASTEF dénoncent une volonté de cibler leurs militants et certains de leurs cadres, les autorités judiciaires n’ont, à ce stade, pas établi de lien officiel entre ces procédures et les tensions politiques actuelles. Les enquêtes se poursuivent sous l’autorité des juridictions compétentes. Après la séparation, le chef de l’Etat semble entamer la purge contre les militants du PASTEF.
TV-A
