Face à l’insistance d’un parlementaire, Ousmane Sonko a expliqué qu’il n’était pas nécessaire de « criminaliser davantage » un acte déjà lourdement sanctionné par la législation sénégalaise.
« On n’a pas besoin de criminaliser l’homosexualité dans la mesure où les lourdes peines de prison existent déjà. Et je vous rappelle que c’est le premier projet de loi que je porte moi-même et que j’assume. L’acte contre nature est puni de 5 à 10 ans de prison, avec une amende allant de 2 à 10 millions de FCFA, sans préjudice des autres peines. Et si cela concerne un mineur, la peine maximale sera prononcée. Donc, cela ne nécessite pas de criminalisation supplémentaire pour obtenir ces sanctions», a-t-il déclaré.
Dans sa prise de parole, le député de l’opposition Abdou Mbow a soutenu qu’Ousmane Sonko avait fait une promesse de criminalisation de l’homosexualité.
S’adressant au chef du gouvernement, Abdou Mbow a insisté sur la nécessité de « revenir sur l’engagement » pris par Ousmane Sonko de « criminaliser » l’homosexualité. « Je rappelle que le gouvernement précédent avait bien prévenu que cet engagement n’était fait que pour la propagande électorale et que, jamais, selon les renseignements dont nous avions connaissance, il ne serait respecté. Et vous nous donnez raison », a lancé le député, accusant l’actuel locataire de la Primature d’avoir utilisé ce sujet à des fins électoralistes.
Pour étayer ses propos, Abdou Mbow a exhumé une déclaration datant du 3 décembre 2022 : « Quand nous serons élus au Sénégal, la loi criminalisant l’homosexualité sera la première loi votée », a cité le député, rappelant la promesse faite par Ousmane Sonko durant la campagne.
Or, constate le député, la réalité sur le terrain législatif est tout autre. Il a souligné qu’à la date du 2 février dernier, le gouvernement dirigé par Ousmane Sonko a adopté un projet de loi se contentant de proposer « juste un réaménagement du délit », loin d’une criminalisation totale promise.






