mer 18 Mar 2026

Sénégal : la loi doublant les peines réprimant l’homosexualité votée par l’Assemblée nationale

Le Sénégal fait partie des pays où l’homosexualité est totalement rejetée par la société. Cette question a d’ailleurs été l’un des sujets de débat durant les dernières années du mandat de l’ancien président Macky Sall, accusé par certains de vouloir renforcer la protection de la communauté LGBTQ+. Dans ce contexte, une partie de l’opinion publique s’est mobilisée pour demander un durcissement de la législation. C’est notamment dans cette dynamique qu’est né le mouvement And Sam Jikko Yi, engagé dans la lutte pour un renforcement des sanctions contre les actes homosexuels.

Hier, sur proposition de loi du Premier ministre Ousmane Sonko, adoptée auparavant en Conseil des ministres, le texte a été examiné puis voté par l’Assemblée nationale. Sur les 165 députés que compte l’institution, 138 ont pris part au vote : 135 ont voté pour et 3 se sont abstenus, sans aucune voix contre. Dans une société fortement attachée à ses valeurs traditionnelles, cette quasi-unanimité pourrait s’expliquer par la sensibilité du sujet dans l’opinion publique, certains élus craignant qu’un vote contraire n’affecte leur carrière politique. Le nouveau texte, qui prévoit également des sanctions pénales contre la promotion et le financement de l’homosexualité, doit désormais être promulgué par le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye pour entrer en vigueur.

La nouvelle loi double les peines réprimant les relations homosexuelles, le lesbianisme, la zoophilie et la nécrophilie. Ces actes sont désormais punis de cinq à dix ans de prison, dans un contexte marqué par une forte polémique autour de l’homosexualité dans le pays et par plusieurs arrestations liées à des faits présumés.

La peine maximale sera appliquée lorsque l’acte implique un mineur, selon le texte. Celui-ci prévoit également des amendes allant de 2 à 10 millions de francs CFA (3 048 à 15 244 euros), contre 100 000 à 1 500 000 francs CFA (152 à 2 286 euros) auparavant. La loi prévoit toutefois de sanctionner toute dénonciation abusive faite de mauvaise foi contre des personnes accusées d’homosexualité.

Le Sénégal est agité depuis plusieurs semaines par la question de l’homosexualité et celle de la transmission volontaire du VIH/sida, des sujets qui reviennent régulièrement dans le débat public ces dernières années. À ce jour, au moins 82 hommes ont été arrêtés et placés sous mandat de dépôt. Toutefois, selon le ministre de l’Intérieur Mohamadou Bamba Cissé, ces personnes ne sont pas concernées par la nouvelle loi, la loi pénale n’étant pas rétroactive.

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