Le parti des Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (PASTEF) tient son congrès ce samedi 6 Juin 2026 dans un contexte politique marqué par des tensions internes et des interrogations sur l’avenir de la formation politique au pouvoir.
Les coordinateurs de section, les secrétaires de section ainsi que les membres du bureau politique sont appelés à élire le président du parti. Une élection qui s’apparente davantage à une formalité puisque le seul candidat en lice n’est autre que le leader historique et charismatique du mouvement, Ousmane Sonko.
Toutefois, au-delà de cette échéance statutaire, ce congrès apparaît comme une occasion décisive pour le PASTEF de redéfinir sa ligne politique et de resserrer les rangs face aux dissensions qui agitent actuellement le parti. Plusieurs responsables et militants sont accusés d’avoir pris leurs distances avec les orientations fixées par la direction.
À l’image de la campagne des Cent Fleurs lancée par Mao Zedong en 1957 pour réaffirmer son autorité sur le Parti communiste chinois, ce congrès pourrait servir de cadre à une vaste opération de clarification idéologique et organisationnelle. Il permettra au parti de fixer clairement sa ligne, de la consolider et de brandir l’épée de la discipline contre les trouble-fête, afin de mettre un terme aux contestations internes et de renforcer l’unité autour de la direction.
Après avoir porté au pouvoir Bassirou Diomaye Diakhar Faye lors de l’élection présidentielle, le parti fait aujourd’hui face à une situation inédite. L’actuel président de la République, ancien secrétaire général du PASTEF, est accusé par certains cadres du mouvement d’avoir favorisé l’émergence d’une fronde interne susceptible de fragiliser l’unité du parti.
Les critiques portent également sur la mise en place d’un nouveau gouvernement dans lequel plusieurs figures proches du PASTEF ont été nommées sans l’aval des instances dirigeantes du parti. Une situation jugée préoccupante par de nombreux militants, d’autant plus que le PASTEF demeure la principale force politique du pays avec une majorité écrasante à l’Assemblée nationale, où il contrôle 130 des 165 sièges.
Face à cette situation, la direction du parti semble déterminée à sévir. Les responsables ayant défié la ligne officielle pourraient faire l’objet de sanctions disciplinaires pouvant aller jusqu’à l’exclusion définitive. Cette opération de restructuration interne est déjà surnommée par certains militants la campagne des « cent fleurs », en référence à la volonté affichée de faire émerger une nouvelle génération de responsables fidèles aux principes fondateurs du mouvement.
Deux membres du gouvernement ont déjà quitté le parti : Ibrahima Sy, ministre de la Santé, et Abdou Karim Fofana, ministre des Collectivités territoriales. Par ailleurs, des procédures d’exclusion ont été annoncées contre Marie Angélique Diouf, ministre de la Famille et des Solidarités, Abdou Lahat Ndiaye ainsi que contre le ministre-conseiller Aldiouma Sow.
Lors d’une conférence de presse tenue le 2 juin 2026, le président de l’Assemblée nationale et président du parti a réaffirmé la volonté de la direction d’engager des mesures disciplinaires contre les militants considérés comme dissidents. Selon lui, le respect de la ligne politique demeure une condition essentielle à la cohésion du mouvement.
Depuis sa création, le PASTEF s’est distingué par une forte discipline militante et une remarquable unité entre ses dirigeants et sa base. Pour de nombreux observateurs, le congrès de ce samedi pourrait ainsi marquer un tournant majeur dans l’histoire du parti, en définissant les contours de sa gouvernance future et en clarifiant le sort des responsables ayant choisi de s’écarter de la ligne officielle.
Les conséquences pourraient également se faire sentir à l’approche des prochaines élections locales. Plusieurs responsables qui nourrissaient des ambitions électorales sous la bannière du PASTEF pourraient être contraints de revoir leurs plans politiques ou de se tourner vers d’autres formations.
TV-A






