L’Assemblée nationale a adopté, ce lundi, la levée de l’immunité parlementaire du député Farba Ngom par 108 voix pour, 21 contre et aucune abstention, sur un total de 129 votants sur 165 députés. Cette décision fait suite à une demande officielle du ministre de la Justice dans le cadre de l’affaire des deux téléphones portables qui auraient été introduits dans la cellule du député actuellement en détention. La levée de l’immunité parlementaire permet désormais à la justice de poursuivre ses investigations sans entrave procédurale.
Avec plus de 83 % des suffrages exprimés en faveur de cette mesure, l’Assemblée a ainsi donné son feu vert aux autorités judiciaires pour approfondir les enquêtes concernant cette introduction présumée de téléphones en milieu carcéral, fait passible de sanctions pénales.
Le président de séance a déclaré la session close après l’adoption de cette résolution, marquant une étape judiciaire importante dans ce dossier qui alimente les débats sur les conditions de détention et les privilèges parlementaires.
Le député-maire d’Agnam (une localité située à 70 km de la ville de Matam, dans l’est du Sénégal), Farba Ngom, affirme n’avoir jamais touché un seul franc du Trésor public sénégalais, soutenant que sa fortune provient de ses activités dans l’immobilier et de son salaire de député.
De son côté, le président du groupe parlementaire Pastef, Ayib Daffé, a estimé qu’il fallait lever l’immunité afin de permettre à la justice de poursuivre son travail, d’autant plus que les téléphones auraient révélé des connexions douteuses avec des journalistes, des versements de centaines de millions ainsi que des transferts d’argent de plusieurs milliards impliquant des membres de la famille de l’ancien président Macky Sall.
Pour rappel, Farba Ngom est un membre fondateur du parti Alliance pour la République (APR), dont il est chargé de la mobilisation. Lorsqu’il était au pouvoir, il était considéré comme un proche collaborateur du président de la République, auquel on prêtait une influence dans la nomination de ministres et de directeurs généraux. cette séance de levée d’immunité parlementaire est la deuxième puisqu’il était levée sur le dossier de 125 milliards
