Finalement, avec cette série de scandales qui se succèdent, le régime de Macky Sall semble avoir organisé un pillage bien structuré de la République. Des marchés qui auraient été surfacturés à plus de 200 % sont aujourd’hui découverts. Malheureusement, la reddition des comptes semble être devenue un vieux souvenir, malgré les exigences des Sénégalais qui en avaient fait une priorité durant la campagne électorale.
Le candidat Bassirou Diomaye Diakhar Faye semble tourner la page de la reddition des comptes, car il voudrait créer une nouvelle coalition et aurait besoin de collaborateurs de l’ancien régime. Il est ainsi accusé de vouloir utiliser ces dossiers comme moyen de pression pour obliger les responsables politiques épinglés dans les rapports financiers à lui prêter main-forte afin d’éviter la prison.
Cette fois-ci, dans le rapport provisoire de la Cour des comptes, le très « fameux » Saidou Kane, neveu de l’ancien président et administrateur général d’Intermaq Sénégal, ainsi que la société espagnole Intermaq 2012 SL, sont épinglés pour des faits pouvant être qualifiés de blanchiment de capitaux. La CENTIF est d’ailleurs citée pour avoir transmis des informations sur des transferts suspects de plusieurs milliards.
À la base, Intermaq 2012 SL devait fournir des équipements agricoles et construire un atelier ainsi que des entrepôts pour l’État du Sénégal. L’entreprise a ensuite sous-traité le marché à Intermaq Sénégal de Saidou Kane pour un montant de 4,5 milliards de FCFA.
Alors, tenez-vous bien : avant même l’exécution du marché, Intermaq a viré un montant de 16,4 milliards de FCFA à Intermaq Sénégal pour ses prestations, soit 358 % de plus que la rémunération prévue. L’argent aurait été retiré par l’ancien coordonnateur d’Intermaq Sénégal, Ferdinand Alexandre Coly, Saidou Kane et son chauffeur, avant d’être transféré vers les comptes de membres de la famille de M. Kane : son épouse et ses deux enfants mineurs.
La Cour a saisi M. Luis Miguel Casasnovas Suelves, directeur des projets d’Intermaq 2012 SL, ainsi que Saidou Kane, afin d’obtenir les justificatifs de ces virements. En vain.
Saidou Kane n’a jamais répondu aux magistrats financiers, à qui l’accès au site d’entreposage du matériel ainsi qu’à l’atelier en construction aurait même été interdit.
Pourtant, le même homme est cité dans un autre scandale, celui de l’ASER, l’agence chargée de l’électrification rurale. Lui et son entreprise avaient été épinglés pour une surfacturation de plus de 15 milliards de FCFA, en plus de l’utilisation présumée de faux documents administratifs. Heureusement, avec l’arrivée des nouvelles autorités, la renégociation du contrat a permis de mettre fin à ce pillage systématique avant même que l’intéressé ne touche le pactole.
