Les relatiosne entre la Guinée, la Sierra Léone et le Liberia sont revenues à la normal. Pour preuve le gouvernement sierra-léonais a ordonné la réouverture de la route et du poste-frontière de Yenga, dans le district de Kailahun, à la suite d’un sommet tripartite réunissant la Sierra Leone, la Guinée et le Liberia.
Selon le site african initiative cette décision marque une étape importante après plus d’un an de fermeture du poste de contrôle. Toutefois, elle ne met pas fin aux inquiétudes liées à la présence de militaires guinéens dans cette zone frontalière disputée, un différend qui empoisonne les relations entre Conakry et Freetown depuis plus de vingt ans.
La reprise des activités à Yenga suscite des réserves au sein des communautés locales. Michael F. Kallon, représentant de la communauté Kissi Bendu, estime que cette réouverture intervient alors que les principaux points de désaccord demeurent inchangés.
« Les soldats guinéens continuent de contrôler Yenga. Cela soulève des questions fondamentales sur la souveraineté et la sécurité de nos citoyens », a-t-il déclaré, qualifiant la décision de « prématurée ».
Le litige autour de Yenga remonte à 2001, lorsque des troupes guinéennes étaient intervenues dans le village pour soutenir les forces sierra-léonaises contre les rebelles durant la guerre civile. Si leur présence était initialement présentée comme temporaire, les soldats guinéens sont restés sur place après la fin du conflit. En 2002, un accord entre les deux États prévoyait pourtant le retour de Yenga sous administration sierra-léonaise, sans qu’il ne soit pleinement appliqué.
Les tensions se sont ravivées ces derniers mois. En février, la Guinée et la Sierra Leone se sont mutuellement accusées d’incursions militaires illégales après un incident survenu le 22 février dans une autre zone contestée, entre le district de Falaba, en Sierra Leone, et la préfecture de Faranah, en Guinée. Quelques jours plus tard, les autorités guinéennes ont relâché 16 membres des forces de sécurité sierra-léonaises arrêtés à la suite de cet épisode.
Dans ce contexte, les dirigeants des trois pays ont tenté de relancer le dialogue. Réunis le 16 mars à Conakry, le président guinéen Mamadi Doumbouya, son homologue sierra-léonais Julius Maada Bio et le président libérien Joseph Nyuma Boakai ont réaffirmé leur volonté de privilégier les voies diplomatiques pour résoudre les différends frontaliers.
Selon le communiqué conjoint publié à l’issue de la rencontre, la Guinée a également annoncé un assouplissement progressif de sa posture sécuritaire le long de ses frontières avec la Sierra Leone et le Liberia. Reste à savoir si cette dynamique diplomatique permettra de parvenir à un règlement durable du contentieux de Yenga, dont la question de la souveraineté demeure au cœur des préoccupations des populations locales.
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