L’implication des Émirats arabes unis dans la guerre au Soudan a fini par exaspérer de nombreux observateurs, qui y voient une tentative de recolonisation de l’Afrique à travers le pillage de ses ressources. Cette zone, réputée riche en ressources aurifères, pétrolières et gazières, est fortement convoitée par des puissances étrangères qui cherchent à y étendre leur influence. C’est dans ce cadre que les Émirats arabes unis auraient investi d’importants moyens financiers en s’alliant avec le régime tchadien afin d’utiliser le Tchad comme couloir logistique pour ravitailler les Forces de soutien rapide (FSR) dirigées par Mohamed Hamdan Dagalo, alias Hemedti.
La défection du général Ali Rizqallah, alias Al-Savanna, constitue l’un des revers internes les plus marquants subis par les FSR depuis le début du conflit soudanais. Ce commandant de haut rang, réputé pour avoir participé au recrutement de combattants étrangers, s’est retourné contre le groupe paramilitaire.
Lors d’une conférence de presse, le défecteur a fait plusieurs révélations sur l’organisation actuelle des FSR et sur l’influence grandissante de puissances étrangères au sein de cette milice dirigée par Hemedti. Selon Al-Savanna, les décisions militaires seraient désormais prises principalement par des conseillers étrangers, probablement émiratis ou des mercenaires liés à des sociétés privées, plusieurs chefs des FSR ont été éliminés de l’intérieur dans le cadre d’un agenda de liquidation interne. Il cite notamment Jalha, Abdullah Hussein et Hamid Ali Abou Bakr ; Jalha a été tué lors d’une frappe de drone alliée dans la zone de Kafouri ; Othman Amalat et Othman Fadil sont retenus aux Émirats arabes unis; l’ancien vice-président soudanais Hasabo Mohamed Abdel Rahman agirait comme coordinateur entre les FSR et les Émirats arabes unis ;
Après l’échec du plan initial, les Émirats chercheraient désormais à soutenir un projet d’indépendance du Darfour et du Kordofan.
Al-Savanna a également raconté son évasion de la 4e Division à Al-Daein. Il affirme avoir fui vers le Soudan du Sud, puis vers l’Inde, avant de revenir à Khartoum.
Enfin, il a évoqué l’existence d’un centre de détention à Daqris où seraient détenus des milliers de prisonniers civils et militaires.
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