lun 17 Août 2026

Syrie : Ahmed al-Charaa poursuit son rapprochement avec l’Occident après l’annonce américaine sur le retrait de Damas de la liste des États soutenant le terrorisme

Quelques mois après la chute du régime de Bachar al-Assad, la Syrie amorce une profonde recomposition de sa politique étrangère. À la tête du pays, le président Ahmed al-Charaa, dont le passé au sein de groupes islamistes armés lui avait valu d’être longtemps considéré comme une personnalité controversée par plusieurs capitales occidentales, multiplie désormais les gestes d’ouverture en direction des États-Unis et de leurs alliés.

Cette dynamique de rapprochement a franchi une nouvelle étape avec l’annonce de l’administration américaine d’engager la procédure visant à retirer la Syrie de la liste des États soutenant le terrorisme. Une décision saluée par les autorités syriennes, qui y voient un tournant majeur dans les relations entre Damas et Washington.

Dans un communiqué relayé par l’agence de presse Anadolu, le ministère syrien des Affaires étrangères a accueilli favorablement cette initiative, intervenue à la suite d’une rencontre entre le président Ahmed al-Charaa et son homologue américain Donald Trump en marge du sommet de l’OTAN organisé à Ankara.

Le gouvernement syrien s’est également félicité de la notification officielle transmise par le président américain au Congrès, conformément à la procédure légale américaine qui prévoit un délai de 45 jours avant le retrait effectif d’un État de cette liste.

Pour la diplomatie syrienne, cette décision représente « un développement important dans le cours des relations syro-américaines fondées sur le dialogue, le respect mutuel et les intérêts communs ». Damas estime que la levée de cette désignation, combinée à l’allègement des sanctions économiques déjà amorcé par Washington, pourrait accélérer la reconstruction du pays, favoriser l’arrivée d’investissements étrangers, relancer les échanges commerciaux et contribuer à la stabilité régionale.

Les autorités syriennes ont par ailleurs exprimé leur volonté de poursuivre un dialogue constructif avec les États-Unis afin de consolider les relations bilatérales et de promouvoir la paix, le développement économique et la prospérité.

Plus tôt, le secrétaire d’État américain Marco Rubio avait confirmé que Donald Trump avait officiellement informé le Congrès de son intention de retirer la Syrie de la liste des États soutenant le terrorisme. Selon lui, la levée des sanctions restantes permettra de débloquer le commerce et les investissements internationaux, offrant ainsi à la Syrie l’opportunité de reconstruire son économie après plus d’une décennie de conflit.

Cette annonce intervient alors que la plupart des sanctions américaines avaient déjà été assouplies après la chute du régime de Bachar al-Assad. Toutefois, la Syrie figurait toujours sur la liste américaine des États soutenant le terrorisme depuis 1979, une désignation considérée comme l’un des principaux freins au retour des investisseurs étrangers et à la normalisation économique du pays.

Le rapprochement entre Damas et Washington marque ainsi une évolution notable des équilibres diplomatiques au Moyen-Orient. Reste désormais à savoir si cette nouvelle phase de coopération débouchera sur une normalisation durable des relations entre les deux pays et sur une véritable relance de l’économie syrienne, fortement éprouvée par des années de guerre et d’isolement international.

TV-A

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