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Tchad: après avoir été chassée au nom de la souveraineté, l’armée française fait son retour à N’Djamena

Un an seulement après le départ des forces françaises présenté comme une victoire de la souveraineté nationale, la coopération militaire entre Paris et N’Djamena semble reprendre progressivement. Selon des informations relayées par le site d’information TchadOne, des officiers français seraient de retour dans la capitale tchadienne, marquant ainsi un tournant majeur dans les relations entre les deux pays.

Cette évolution intervient quelques mois après la visite du président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno, dit « Mahamat Kaka », à Paris. D’après plusieurs sources concordantes, la première demande formulée par le chef de l’État tchadien à son homologue français Emmanuel Macron aurait concerné la reprise de la coopération militaire entre les deux pays.

Face à un régime confronté à de multiples défis sécuritaires, politiques et économiques, le maréchal-président semble désormais miser sur un soutien extérieur afin de consolider son pouvoir. Emmanuel Macron lui-même avait confirmé cette démarche en marge d’un sommet Afrique-France à Nairobi, déclarant publiquement que « c’est Mahamat Déby lui-même qui a demandé de rebâtir une relation de défense » poursuit nos confréres.

Cette déclaration vient contredire le discours officiel qui avait accompagné le départ des troupes françaises. Présentée à l’époque comme une rupture historique avec l’ancienne puissance coloniale, cette décision apparaît aujourd’hui comme une parenthèse de courte durée, davantage dictée par des considérations politiques que par une réelle réorientation stratégique.

Toutefois, le retour discret de militaires français à N’Djamena ne suffira probablement pas à résoudre les profondes difficultés auxquelles le Tchad est confronté. Longtemps considérée comme le principal pilier de stabilité du pays, l’armée tchadienne traverse aujourd’hui une crise interne marquée par des rivalités de clans et des tensions liées à la gestion du pouvoir.

De nombreux observateurs dénoncent également une militarisation excessive de l’appareil d’État. Le pays compterait plus de 400 généraux, un chiffre jugé disproportionné au regard de la taille de son armée. Les promotions au sein de la hiérarchie militaire seraient souvent attribuées sur des critères d’appartenance ethnique, régionale ou de proximité avec le cercle présidentiel, alimentant frustrations et divisions au sein des forces armées.

Parallèlement, le Tchad fait face à une multiplication des crises politiques, communautaires et interethniques. Dans un contexte régional particulièrement instable, le pays est également accusé par certains de servir de base arrière à des groupes rebelles ou armés opérant notamment au Niger et au Soudan. Une situation qui expose N’Djamena à des représailles indirectes de la part de ses voisins, certains étant soupçonnés d’accueillir à leur tour des mouvements hostiles au régime tchadien.

Dans ce contexte, le réchauffement des relations militaires entre la France et le Tchad apparaît moins comme un choix idéologique que comme une nécessité stratégique pour un pouvoir confronté à des défis grandissants. Reste à savoir si cette coopération renouvelée permettra réellement de renforcer la stabilité du pays ou si elle ne fera que retarder les réformes profondes réclamées par une partie de la population.

TV-A

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