Après l’attaque de la localité de Tiné par les forces paramilitaires dirigées par Ahmed Dagalo, alias Hemedti, le Tchad a décidé de fermer sa frontière avec le Soudan pour des raisons de sécurité. Dans un communiqué publié ce lundi, le gouvernement de la République du Tchad porte à la connaissance de l’opinion que la frontière entre le Tchad et le Soudan est fermée jusqu’à nouvel ordre. Cette décision, poursuit le document, fait suite aux incursions répétées et aux violations commises par des forces en conflit au Soudan sur le territoire tchadien. «Elle vise à prévenir tout risque d’extension du conflit sur notre sol, à protéger nos concitoyens et les populations réfugiées, et à garantir la stabilité ainsi que l’intégrité territoriale de notre pays. Par conséquent, les points de passage frontaliers entre le Tchad et le Soudan sont fermés jusqu’à nouvel ordre », lit-on dans le document.
Désormais, le gouvernement tchadien soutient que les déplacements transfrontaliers de biens et de personnes sont suspendus. Toutefois, des dérogations exceptionnelles, strictement motivées par des raisons humanitaires, peuvent être accordées sur autorisation préalable des autorités compétentes.
Le gouvernement de la République du Tchad se réserve le droit de riposter contre toute agression ou violation de l’intangibilité de son territoire et de ses frontières. Cependant, conformément au droit international, le gouvernement invite les populations des zones concernées au calme, à faire preuve de vigilance et au respect de cette décision. Les autorités administratives et militaires sont instruites de veiller à l’application stricte de cette mesure.
Ce samedi, des éléments des Forces de soutien rapide (FSR) ont attaqué la ville de Tiné, située à la frontière avec le Tchad. Lors des combats avec les forces armées soudanaises dirigées par Mohamed Al-Burhan, les forces paramilitaires ont fait incursion sur le territoire tchadien, causant la mort de certains soldats. Bien que la ville ait été reprise par l’armée soudanaise, cette incursion a été la goutte de trop. Le Tchad, qui servait de couloir pour armer et ravitailler les forces paramilitaires dirigées par Dagalo, a désormais changé de partenaire depuis le voyage du président Mahamat Idriss Déby en France. Accusé d’être complice du massacre d’El-Fasher, Déby s’est éloigné de Dagalo et des Émirats arabes unis.
La suspension totale des mouvements de personnes et de biens, sauf rares dérogations humanitaires, pénalisera d’abord les commerçants, les éleveurs transfrontaliers et les familles vivant de part et d’autre de la frontière.
