De nouvelles tensions ont été signalées à la frontière entre le Sénégal et la Gambie. Selon plusieurs sources, le Sénégal, qui affirme vouloir reprendre le contrôle de l’intégralité de son territoire, aurait déployé des éléments de la Gendarmerie dans des zones situées le long de la frontière afin de demander à des agriculteurs gambiens de quitter des terres considérées comme relevant du territoire sénégalais.
Dans plusieurs localités frontalières, des villages gambiens auraient, au fil des années, défriché et exploité des champs situés de l’autre côté de la frontière. Avec le temps, certaines familles s’y seraient installées de manière permanente, estimant que ces terres appartenaient à la Gambie. Toutefois, selon les cartes officielles, cette zone se trouve sur le territoire sénégalais. Durant les années de rébellion en Casamance, ces secteurs étaient difficiles d’accès et échappaient en grande partie au contrôle effectif de l’armée sénégalaise. Depuis le rétablissement de l’autorité de l’État dans cette région, Dakar affirme vouloir exercer pleinement sa souveraineté sur l’ensemble de son territoire.
Dans ce contexte, des populations gambiennes installées dans ces zones revendiqueraient ces terres, estimant qu’elles relèvent de la Gambie. Le weekend un différend a déjà opposé les deux pays lorsqu’une tentative d’installation d’un camp militaire gambien près de la localité de Pachang avait été empêchée par l’armée sénégalaise.
Selon certains médias gambiens, les faits les plus récents se seraient déroulés à Jimbala Kerr Musa, dans le district de Lower Saloum, situé dans la région de la Rivière Centrale. Des officiers de la Gendarmerie sénégalaise, accompagnés d’autorités locales et munis de cartes, auraient demandé aux agriculteurs présents de quitter immédiatement les parcelles concernées. Ils les auraient également avertis qu’ils s’exposaient à une arrestation et à des poursuites judiciaires s’ils refusaient d’obtempérer.
Cette intervention aurait suscité l’inquiétude des habitants de la localité, qui affirment que leurs familles exploitent ces terres depuis plusieurs générations, bien avant l’indépendance du Sénégal et de la Gambie. «Ils avaient des cartes et ont immédiatement commencé à délimiter le territoire », a déclaré un habitant cité par un média gambien.
Ces incidents présumés interviennent dans un contexte de sensibilité persistante autour de la délimitation de certains secteurs de la frontière entre le Sénégal et la Gambie. Les questions foncières dans ces zones frontalières ont, à plusieurs reprises, alimenté des tensions entre les populations locales, malgré les relations globalement cordiales entretenues par les deux États.
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