Les relations entre le Mali et l’Algérie semblent progressivement retrouver un climat d’apaisement après plusieurs mois de fortes tensions diplomatiques. Alors que les deux pays avaient rappelé leurs ambassadeurs à la suite de divergences profondes, les signaux d’un rapprochement se multiplient entre le président algérien Abdelmadjid Tebboune et le président de la Transition malienne, le général Assimi Goïta.
Lors de son entretien périodique avec la presse nationale, lundi 27 juillet 2026, le chef de l’État algérien a livré une analyse sévère de la situation sécuritaire au Mali. Il a accusé des « puissances étrangères » d’être à l’origine de la déstabilisation du pays et de chercher à l’éloigner de son voisin algérien.
Selon Abdelmadjid Tebboune, certains acteurs extérieurs poursuivraient une stratégie visant à isoler Bamako afin de le rendre plus vulnérable face aux groupes armés. «On veut l’isoler de l’Algérie pour en faire une proie facile », a-t-il déclaré, affirmant que son pays ne laisserait pas un tel scénario se concrétiser.
Le président algérien a également estimé que des parties tierces avaient convaincu les autorités maliennes que la médiation d’Alger constituait une forme d’ingérence, avec pour objectif de rompre les liens historiques entre les deux voisins. Sans citer de pays en particulier, il a soutenu que les véritables instigateurs du terrorisme au Sahel seraient les mêmes acteurs qui affirment aujourd’hui vouloir aider le Mali à combattre ce phénomène.
Pour Abdelmadjid Tebboune, le terrorisme n’est pas une réalité intrinsèque au continent africain. Il l’a décrit comme un phénomène importé, alimenté par des intérêts extérieurs. Cette lecture s’inscrit dans le discours récurrent des autorités algériennes sur les causes de l’instabilité dans la région sahélienne.
Au-delà des questions sécuritaires, le président algérien a insisté sur la profondeur des liens historiques entre l’Algérie et le Mali. Il a rappelé que les deux peuples entretiennent des relations de bon voisinage depuis plusieurs siècles et a tenu à rassurer Bamako sur les intentions de son pays. «L’Algérie ne fera jamais de mal à ses voisins », a-t-il affirmé, appelant les Algériens à être fiers de cette tradition de solidarité régionale.
Ces déclarations interviennent alors que les relations entre Alger et Bamako avaient atteint un niveau de crispation inédit ces derniers mois. Les désaccords autour de l’Accord d’Alger et des questions de souveraineté avaient conduit à une grave détérioration des rapports diplomatiques entre les deux capitales.
Toutefois, de nombreux observateurs estiment que le rapprochement engagé avec le Maroc constitue un choix stratégique dans un contexte de recomposition des alliances régionales. Par ailleurs, après les attaques du 25 avril et du 14 juillet 2026 contre les Forces armées maliennes (FAMa), des voix au Mali ont accusé l’Algérie et la Mauritanie d’avoir servi de zones de transit ou de refuge à des groupes armés. Ces accusations n’ont toutefois pas été étayées publiquement par des preuves ni reconnues par les autorités des pays mis en cause.
Malgré ce contexte marqué par la méfiance, les récentes déclarations du président Tebboune apparaissent comme un geste d’ouverture envers Bamako et pourraient contribuer à une reprise progressive du dialogue entre les deux États.
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