Harare – Le président zimbabwéen, Emmerson Mnangagwa, a officiellement promulgué une loi constitutionnelle prolongeant son mandat de deux années supplémentaires, lui permettant de rester à la tête du Zimbabwe jusqu’en 2030. Le texte, adopté le mois dernier par les deux chambres du Parlement, introduit également une réforme majeure du système politique en prévoyant que les futurs chefs de l’État seront désormais élus par le Parlement et non plus au suffrage universel direct.
L’annonce a été confirmée mardi par le porte-parole du gouvernement relate le site d’information Qiraatafrica, Nick Mangwana, qui a indiqué sur les réseaux sociaux que le projet de loi avait été « signé, scellé et promulgué » après avoir reçu l’assentiment présidentiel.
Soutenue par le parti au pouvoir, la ZANU-PF, cette réforme constitue l’un des changements constitutionnels les plus importants intervenus au Zimbabwe ces dernières années. En plus de prolonger le mandat du président Mnangagwa, elle modifie en profondeur le mode de désignation des futurs présidents, qui ne seront plus élus directement par les citoyens mais par les membres du Parlement.
Cette évolution marque un tournant dans le système institutionnel du pays et devrait relancer le débat sur l’avenir de la gouvernance démocratique au Zimbabwe.
Un projet préparé de longue date
Les spéculations autour d’une éventuelle prolongation du mandat présidentiel circulaient depuis près de deux ans. À plusieurs reprises, lors des rassemblements de la ZANU-PF, des militants avaient appelé à permettre à Emmerson Mnangagwa de poursuivre son action au-delà de son second mandat, estimant qu’il avait besoin de davantage de temps pour mettre en œuvre son programme de développement économique et politique.
Le parti au pouvoir avait ensuite approuvé un projet d’amendement constitutionnel, avant que celui-ci ne soit validé par le Conseil des ministres en février puis adopté par le Parlement le mois dernier.
Ces modifications constitutionnelles devraient être vivement contestées par les partis d’opposition ainsi que par plusieurs organisations de la société civile. Depuis plusieurs années, ces acteurs accusent le gouvernement de concentrer davantage les pouvoirs entre les mains de l’exécutif et d’affaiblir progressivement les institutions démocratiques.
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