L’audience du procès relatif à l’assassinat de l’ex-ministre et ex-gouverneure Viviane Compaoré, décédée égorgée, le 10 janvier 2026 à son domicile, s’est tenue ce jeudi 20 février au Tribunal de grande instance Ouaga II. Toutefois sur la demande de la défense le procès a été renvoyé au 13 mars pour une expertise psychiatrique de l’accusé
Dès l’ouverture du dossier, la défense a sollicité la réalisation d’une expertise psychiatrique pour évaluer l’état mental de l’accusé au moment des faits. Selon son avocat, plusieurs éléments laissent supposer l’existence de troubles psychiques, notamment une « conviction irrationnelle » que l’accusé attribuerait à sa grand-mère, la victime.
L’avocat a également évoqué le témoignage du père de l’accusé qui dit que son fils, depuis un bon moment, est renfermé et le fait que le mis en cause aurait été sous l’effet de substances non déterminées lors de son interpellation.
La partie civile, tout en affirmant que l’accusé n’était pas, selon elle, dans un état de démence, n’a émis aucune objection à la mesure, par respect des droits de la défense.
En revanche rapporte libre info, le parquet s’est opposé « fermement » à cette demande. Le procureur a souligné la préparation méthodique de l’acte et la reconnaissance des faits par l’accusé, interrogeant sur la pertinence d’une expertise dans ces conditions.
Il évoque les stratagèmes mis en place par l’accusé : quitter son domicile à Gounghin à pied pour se rendre à Karpala, entrer dans la cour de la victime, se cacher pour ne pas être vu par la fille de ménage, pénétrer dans la maison, « étrangler la victime, et revenir l’égorger ». Avant de lancer : « Où est le problème mental ici ? »
Selon le parquet, l’accusé a affirmé que « la dame devrait mourir parce que, selon lui, elle est à la base de ses problèmes ». Il aurait même refusé une proposition de discussion faite par la victime « au salon ». Plus encore, il aurait déclaré « se sentir homme maintenant que la victime est morte » et être « satisfait ».
« Quelle sera la plus-value de cette expertise dans ce dossier face à un accusé qui reconnaît suffisamment les faits ? », s’est interrogé le procureur, invitant également à « penser à la douleur des ayants droit de la victime ».
L’audience a été par la suite suspendue dans l’attente de la décision du Tribunal. Quelques minutes plus tard, la Chambre criminelle du Tribunal de grande instance Ouaga II a ordonné, par jugement avant dire droit, la réalisation de l’expertise psychiatrique afin de déterminer si l’accusé était dans un état de démence au moment des faits. La prochaine audience est fixée au 13 mars 2026.
