Dans le projet de plan soumis au Parlement chinois, puis validé cette semaine, on y voit la manière dont la Chine souhaite s’adapter à ses défis structurels internes ainsi qu’aux tensions commerciales internationales, alors même que sa croissance économique ralentit progressivement.
Avec un marché domestique toujours en difficulté, encore pénalisé par le secteur immobilier, la Chine a fixé son objectif de croissance pour 2026 entre 4,5 et 5%, soit le niveau le plus faible depuis 1991.
Si la domination technologique constitue la grande priorité de ce plan, une attention particulière est également portée au marché intérieur. La consommation des ménages ne représente qu’environ 40% du PIB chinois, contre 69% aux États-Unis informe zonebourse
Pour cela, de nombreuses mesures qui visent à soutenir la consommation et à ajuster l’offre à la demande ont déjà été entreprises. Si l’indice de Gini (mesure des inégalités) s’est nettement amélioré depuis quinze ans, il reste moins flatteur que dans les pays d’Europe de l’Ouest, par exemple. La Chine mise donc sur une hausse des revenus et sur une meilleure répartition de ceux-ci pour renforcer le rôle de sa population dans la croissance et la stabiliser.
Dans les objectifs, on retrouve l’intention de consolider les bases d’une montée en gamme industrielle. Le plan quinquennal prévoit une allocation stratégique des ressources vers la modernisation des industries traditionnelles, avec notamment l’acier, le textile et la construction, mais aussi vers les industries émergentes et, bien sûr, vers les technologies du futur.
L’axe le plus important reste sans doute l’innovation et la domination technologique. On peut s’attendre à voir la Chine se rapprocher toujours davantage de l’autosuffisance dans de nombreux domaines critiques, dans ce qui s’apparente à une véritable course technologique pour régner.
Dans le document, «intelligence artificielle» est citée plus de 50 fois, selon Reuters. Cette domination technologique apparaît en effet comme la meilleure réponse au risque démographique auquel la Chine est confrontée. Avec la réduction de la main-d’œuvre, la seule réponse viable est une hausse de la productivité. Le document désigne d’ailleurs le secteur technologique comme les “nouvelles forces productives de qualité ».
Une telle ambition ne peut être menée à bien sans un contrôle total des ressources critiques nécessaires à ce développement. On évoquait une volonté d’autosuffisance : celle-ci s’étend des expertises au contrôle des ressources critiques. La Chine compte bien se vacciner contre les contrôles à l’exportation qu’elle a subis l’an passé.
La Chine entend aussi aller de l’avant dans de nombreux autres domaines, comme les énergies vertes, même si aucun objectif n’a été fixé pour la réduction de la consommation de charbon. Également dans l’agriculture, avec une volonté de réduire les inégalités avec les résidents urbains, ainsi qu’une ouverture au monde accrue mais sélective, avec notamment des visas facilités et un soft power grandissant.
