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Coupe du monde : la sénatrice paraguayenne demande à Mbappé d’honorer sa citoyenneté française en effaçant son message comme elle l’a fait.

La tension ne semble pas retomber entre le capitaine de l’équipe de France, Kylian Mbappé, et la sénatrice paraguayenne Céleste Amarilla. Après un premier échange particulièrement virulent sur les réseaux sociaux, la femme politique est revenue à la charge en publiant une lettre ouverte dans laquelle elle invite l’attaquant français à « honorer sa citoyenneté française».

L’origine de cette polémique remonte à l’élimination de la sélection paraguayenne lors de la Coupe du monde. Très remontée après la défaite de son équipe, concédée dans les toutes dernières minutes de la rencontre face aux Bleus, Céleste Amarilla avait laissé éclater sa colère en tenant des propos jugés racistes à l’encontre de Kylian Mbappé. Ses déclarations avaient rapidement suscité une vague d’indignation sur les réseaux sociaux.

Face à ces attaques, l’international français n’était pas resté silencieux. Dans un message publié sur ses plateformes, Mbappé avait répondu avec fermeté à la sénatrice, dénonçant des propos qu’il jugeait inacceptables et rappelant les valeurs de respect et de tolérance.

Loin d’apaiser la situation, cette réponse semble avoir ravivé les tensions. Dans une nouvelle sortie médiatique, Céleste Amarilla a publié une longue lettre ouverte adressée à la star des Bleus. Dans ce texte, elle réitère ses critiques envers le joueur et l’appelle à « honorer sa citoyenneté française », tout en revenant sur les circonstances ayant conduit à leur confrontation.

Cette nouvelle prise de position risque d’alimenter davantage la controverse autour de cette affaire, alors que de nombreux internautes continuent de dénoncer les propos tenus par la sénatrice paraguayenne. Pour l’heure, Kylian Mbappé n’a pas réagi publiquement à cette dernière lettre ouverte.

Voici la lettre ci-dessous

«Vous m’insultez parce que je suis une femme (…), honorez votre citoyenneté française, et excusez-vous. »

« Le problème est entre VOUS ET MOI.

Je n’ai jamais rien dit contre la France. Au contraire, je soutiens la France. J’ai étudié dans une école française de l’âge de 2 ans jusqu’à 17 ans, où j’ai terminé mes études.

Je suis ce que je suis grâce au Collège de l’Immaculée Conception et à l’éducation qu’il m’a donnée. Nous chantions La Marseillaise et honorions le drapeau français aux côtés du nôtre. Je parle français et j’aime visiter la France. Le dernier Noël, j’ai passé les fêtes avec ma famille à Courchevel, et nous avons accueilli la nouvelle année à Saint-Tropez. Cela n’a rien à voir avec la France.

LE PROBLÈME EST AVEC VOUS.

Votre arrogance et votre mépris m’ont mise en colère bien avant le match, quand vous avez dit : « Si nous devons mettre les mains dans la boue, alors faisons-le. » Nous ne sommes pas stupides. Nous avons parfaitement compris que par « la boue », vous vouliez dire l’équipe paraguayenne, et l’équipe paraguayenne nous représente tous. Puis vous avez dit que vous alliez nous enlever notre maquillage. Nous avons compris cela aussi. Tout le Paraguay est resté silencieux, moi y compris. Nous l’avons supporté.

Pendant le match, votre arrogance était évidente. Votre mépris pour chaque joueur paraguayen était clair, comme s’ils étaient en dessous de vous. Sans même couvrir votre bouche, vous avez crié : « La concha de tu madre », une insulte extrêmement offensante en Amérique latine, et vous le savez.

Enfin, vous avez montré un mépris total pour la santé de notre gardien de but. C’est quelque chose qu’on ne fait tout simplement pas. Le respect entre rivaux après un match est presque sacré, en guerre comme en paix, dans la défaite comme dans la victoire. Pourtant, vous avez refusé de lui serrer la main et vous avez crié votre victoire à sa figure. En un seul instant, vous avez affiché du mépris, de l’arrogance et un manque de manières. Cela m’a blessée, cela a blessé tout mon pays, et cela a blessé profondément. (…)

Mes publications ont été écrites sur le coup de la colère, avec mon sang qui bouillonnait, le sang d’un héritage métissé, un magnifique mélange d’ascendance indigène et espagnole qui coule dans mes veines.

Je les ai écrites en vous voyant vous moquer de ces extraordinaires joueurs paraguayens qui se sont battus à égalité jusqu’au coup de sifflet final.

Cependant, j’ai immédiatement regretté de vous répondre avec les mêmes insultes que je reçois moi-même. J’ai réalisé que je répétais le comportement même que je méprise, alors j’ai supprimé la publication. (…)

Maintenant, j’exige que VOUS RETIRIEZ ÉGALEMENT vos déclarations et que vous vous excusiez auprès de moi.

Je ne tolérerai pas votre violence non plus. Vous ne me connaissez pas. Vous n’avez aucune idée de qui je suis, et vous n’avez AUCUN DROIT de dire que je suis une femme détestable, indigne du poste que j’occupe.

Je suis une sénatrice de la Nation paraguayenne, élue par le peuple. (..) Des milliers d’hommes et de femmes paraguayens ont voté pour moi et me considèrent comme leur voix. Mon devoir principal est de parler pour le peuple paraguayen.

Je représente mon pays parce que j’ai été librement élue. (…)

Qui êtes-vous pour me traiter d’indigne ou de détestable quand vous ne me connaissez même pas ? C’est une violence basée sur le genre évidente. C’est une VIOLENCE POLITIQUE contre une femme qui a mérité sa position par le vote démocratique de son peuple. Vous m’insultez parce que je suis une femme. (…)

Retirez vos déclarations, honorez votre citoyenneté française, et excusez-vous. Sinon, je pourrais engager une action en justice pour violence basée sur le genre.

Celeste Amarilla

Sénatrice de la Nation paraguayenne »

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