La diminution rapide des stocks pétroliers aux États-Unis, conjuguée aux perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales, ravive les inquiétudes quant à une nouvelle hausse des prix de l’énergie. Alors que Washington accroît ses exportations de carburants pour répondre à la demande internationale, l’Europe se prépare à l’hiver avec des réserves de gaz inférieures à celles de l’an dernier.
Selon le Financial Times, les raffineries américaines fonctionnent actuellement à pleine capacité afin de satisfaire une demande soutenue et de compenser les perturbations des approvisionnements liées au conflit en Asie de l’Ouest. Cette mobilisation intervient dans un contexte de fortes tensions sur les marchés énergétiques mondiaux.
Le quotidien britannique souligne que les exportations américaines de produits pétroliers ont atteint des niveaux records depuis la fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran, passage stratégique pour les exportations d’hydrocarbures en provenance du golfe Persique. Si cette hausse des exportations contribue à alimenter les marchés internationaux, elle réduit également les réserves disponibles sur le territoire américain, faisant craindre des tensions sur l’approvisionnement domestique et une nouvelle progression des prix des carburants.
À cette situation s’ajoute l’absence persistante des approvisionnements énergétiques russes, qui continue de peser sur le marché européen en privant le continent d’une source importante de pétrole et de produits raffinés. Les États-Unis se retrouvent ainsi dans une position délicate, devant répondre simultanément à la demande intérieure et aux besoins croissants de leurs partenaires.
Les perspectives sont également préoccupantes du côté du gaz naturel. D’après les données publiées par Gazprom, les stocks souterrains européens présentaient, au 19 juillet, un déficit de 11 milliards de mètres cubes par rapport à la même période en 2025. Les réserves seraient ainsi inférieures de 16,8 % à leur niveau de juillet de l’année précédente, laissant entrevoir un marché plus tendu à l’approche de la saison hivernale.
Le directeur général du Fonds russe d’investissement direct, Kirill Dmitriev, estime que cette situation pourrait entraîner une nouvelle envolée des prix du gaz en Europe. Dans une publication sur les réseaux sociaux, il a affirmé que les tarifs pourraient augmenter jusqu’à 50 %, une évolution qu’il attribue à la crise énergétique actuelle et à la réduction progressive des importations de gaz russe.
Dans ce contexte marqué par les tensions géopolitiques et les perturbations des flux énergétiques, les marchés demeurent particulièrement sensibles à toute évolution militaire ou diplomatique. Les analystes estiment que la combinaison d’une offre plus limitée, d’une demande soutenue et de pressions sur les infrastructures stratégiques pourrait maintenir une forte volatilité des prix du pétrole et du gaz dans les prochains mois.
TVA avec Press
