L’Australie, le Canada, la France, la Norvège, le Royaume-Uni et la Nouvelle-Zélande ont annoncé mardi une série de sanctions coordonnées visant des colons israéliens extrémistes, dénonçant une aggravation des violences en Cisjordanie occupée. Les six pays ont également averti qu’ils étaient prêts à adopter de nouvelles mesures si les autorités israéliennes ne prenaient pas rapidement des dispositions pour mettre fin à ces actes.
Dans une déclaration ministérielle conjointe, les six États ont indiqué avoir décidé d’imposer des sanctions et d’autres mesures afin que « les colons extrémistes rendent des comptes pour les graves violences commises contre les civils palestiniens ». Selon les signataires, des colons israéliens sont impliqués dans des attaques contre des Palestiniens, des destructions de biens et des actes de violence visant à provoquer le déplacement forcé de populations, dans un contexte de poursuite de l’expansion des colonies en Cisjordanie.
Les six gouvernements estiment que les auteurs de ces violences ont bénéficié d’une forme d’impunité pendant de nombreuses années. Ils soulignent également que certaines attaques auraient été commises sous la protection ou en présence des forces israéliennes, une accusation rejetée par les autorités israéliennes. Les pays signataires demandent en outre au gouvernement israélien d’agir contre les organisations et les avant-postes impliqués dans ces violences, tout en mettant fin à toute forme d’incitation à la haine ou à la violence.
Réagissant à cette déclaration, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé sur le réseau social X que la France, en coordination avec ses partenaires, adoptait de nouvelles sanctions contre les responsables de « l’intensification de l’implantation de nouvelles colonies et des violences en Cisjordanie ». Paris a notamment interdit l’accès à son territoire au ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, ainsi qu’à plusieurs responsables d’organisations de colons et à des colons accusés d’avoir participé à des actes de violence.
Les six pays ont enfin réaffirmé leur volonté de suivre l’évolution de la situation sur le terrain et de prendre, si nécessaire, de nouvelles mesures en cas de poursuite des violences ou de l’expansion de la colonisation dans les territoires occupés.
Cette initiative intervient dans un contexte de fortes tensions liées à la guerre à Gaza. Plusieurs organisations internationales de défense des droits humains ainsi que des responsables politiques ont accusé Israël de violations du droit international. De son côté, Israël rejette ces accusations et affirme agir dans le cadre de sa sécurité nationale et de sa lutte contre les groupes armés palestiniens.
Par ailleurs, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu fait l’objet d’un mandat d’arrêt émis par la Cour pénale internationale (CPI), tout comme l’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant, dans le cadre d’une enquête portant sur le conflit à Gaza.
TV-A
