Mogadiscio – L’arbitre somalien Omar Abdulkadir Artan, qui devait devenir le premier officiel de son pays à participer à une Coupe du monde de la FIFA, est rentré en Somalie mardi après avoir été empêché d’entrer aux États-Unis, pays hôte de la Coupe du monde 2026 avec le Canada et le Mexique.
Selon plusieurs sources, Artan a été retenu pendant près de onze heures par les autorités américaines avant de se voir refuser l’accès au territoire. L’arbitre a ensuite transité par Istanbul avant de rejoindre Mogadiscio à bord d’un vol de Turkish Airlines.
Avant son départ de Turquie, Omar Abdulkadir Artan a tenu à remercier les instances du football qui lui ont apporté leur soutien durant cette épreuve. « Je tiens à remercier la FIFA pour son soutien constant, ainsi que le peuple somalien. Je suis très reconnaissant envers la FIFA et la CAF (Confédération africaine de football) », a-t-il déclaré aux journalistes à l’aéroport d’Istanbul.
Cette affaire suscite de nombreuses interrogations à moins de deux ans de la Coupe du monde 2026. Plusieurs observateurs s’inquiètent déjà des conséquences des politiques migratoires américaines sur l’organisation du tournoi et sur la participation de certains acteurs du football mondial.
La Fédération somalienne de football a exprimé mardi sa profonde déception après le refoulement de son arbitre. Dans un communiqué, elle a indiqué qu’aucune explication officielle n’avait été fournie concernant cette décision. L’organisation a toutefois appelé à la patience en attendant que l’ensemble des faits soit établi.
Du côté américain, les autorités défendent leur position. Andrew Giuliani, directeur exécutif du groupe de travail de la Maison-Blanche chargé de la Coupe du monde 2026, a affirmé que la décision avait été prise « pour une très bonne raison », sans toutefois fournir davantage de détails sur les motifs ayant conduit au refus d’entrée de l’arbitre somalien.
L’incident intervient dans un contexte où l’organisation de la Coupe du monde 2026 fait déjà l’objet de critiques concernant les questions de visas, de circulation internationale et d’accueil des délégations étrangères. Pour de nombreux observateurs, le cas d’Omar Abdulkadir Artan pourrait devenir un symbole des défis diplomatiques et administratifs auxquels seront confrontés les organisateurs du plus grand événement du football mondial.
Pour la Somalie, l’affaire revêt une dimension particulière. Omar Abdulkadir Artan était sur le point d’entrer dans l’histoire en devenant le premier arbitre somalien à officier lors d’une Coupe du monde de la FIFA, une consécration pour sa carrière et une fierté nationale pour le football somalien.
TV-A avec aa.com
