Conakry – Les autorités guinéennes poursuivent leur offensive contre la corruption et les détournements présumés de fonds publics. Dans ce cadre, le préfet de Mandiana, le colonel Aboubacar Sidiki Traoré, a été placé en garde à vue à Conakry dans le cadre d’une enquête menée par la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF).
Selon des informations rapportées par nos confrères de Guineematin.com, le haut fonctionnaire est détenu depuis environ trois semaines. Son interpellation serait intervenue à la suite d’une série d’enquêtes engagées après le passage du procureur spécial près la CRIEF, Alphonse Charles Wright, en Haute-Guinée et à Dubréka.
D’après une source citée par le média au gouvernorat de Kankan, plusieurs dossiers sont à l’origine de cette procédure judiciaire. « Il n’y a pas seulement l’orpaillage illégal. Il y a aussi l’affaire de la vente de la mangrove. Il était préfet de Dubréka avant d’être affecté à Mandiana. C’est un des dossiers sur lesquels il est cité », a indiqué cette source.
La même source précise que d’autres responsables administratifs font également l’objet d’investigations, notamment l’ancien secrétaire général de la préfecture de Siguiri, l’inspecteur régional des Mines de Kankan ainsi que la directrice préfectorale de l’Administration du territoire et de la Décentralisation de Siguiri.
À Mandiana, une autre source affirme que le préfet est également soupçonné d’avoir perçu des fonds issus d’activités d’exploitation minière ayant contribué à la dégradation de l’environnement. Elle évoque aussi des prélèvements financiers effectués auprès des districts de la préfecture dans le cadre du financement de la construction de la Place des Martyrs. «C’est lui qui récupérait les montants versés par les localités dans le cadre des accords conclus avec les propriétaires de pelles mécaniques. Il aurait également demandé des contributions aux districts pour la construction de la Place des Martyrs. Certains auraient versé entre 200 et 300 millions de francs guinéens, voire davantage, avant qu’il ne présente ces sommes comme de simples cadeaux de salutations », a confié cette source.
Selon les informations disponibles, le colonel Aboubacar Sidiki Traoré s’était rendu à Conakry pour assister aux obsèques de sa fille, récemment décédée, lorsqu’il a été interpellé.
Les investigations de la CRIEF porteraient notamment sur des faits présumés de vente de domaines appartenant à l’État durant son passage à la tête de la préfecture de Dubréka, ainsi que sur sa gestion des activités minières et des questions environnementales à Mandiana.
Depuis son arrivée au pouvoir en septembre 2021, le régime du général Mamadi Doumbouya a fait de la lutte contre la corruption, l’enrichissement illicite et la moralisation de la gestion publique l’un des principaux axes de son action. Plusieurs hauts responsables civils et militaires ont ainsi été entendus ou poursuivis devant la CRIEF dans le cadre d’enquêtes portant sur la gestion des deniers publics.
À ce stade de la procédure, les accusations visant le préfet de Mandiana demeurent à l’état d’allégations faisant l’objet d’investigations judiciaires. Aucune décision de justice n’a encore été rendue sur le fond de cette affaire et l’intéressé bénéficie de la présomption d’innocence.
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